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Employés municipaux des Îles: trois nouveaux jours de grève

Publié le 9 juillet 2026 à 17:04, modifié le 9 juillet 2026 à 17:07

Par: Leo Hudon

Les 175 employés de la municipalité des Îles seront de nouveau en grève les 14, 15 et 16 juillet prochains. Le syndicat a justement fait parvenir une demande de conciliation au ministère du Travail afin de déterminer les services essentiels qui devront être maintenus pendant les journées de débrayage.

 

Les services essentiels doivent être maintenus lors des journées de grèves. Des employés travailleront s’il y a des problèmes d’égout ou d’aqueduc, ou si une route subit un bris majeur.

À l’approche de ces trois jours de grève, les employés municipaux réitèrent leurs demandes à leur employeur. Ceux-ci réclament une augmentation de 22 % sur cinq ans, qui inclut une prime d’éloignement.

« Quand ça va en sous-traitance, ils reconnaissent aussi quand ils donnent des contrats qui sont un peu plus chers ici aux Îles-de-la-Madeleine que c’est ailleurs, puis, nous autres, les employés municipaux, ils ne nous considèrent pas. Fait que je pense qu’on se sent comme des moins que rien un peu, c’est ça qui est rendu un peu. C’est lui [Antonin Valiquette], tout ce qu’il dit qui est raisonnable et qui trouve qu’il nous offre de quoi de très raisonnable, je ne sais pas ce qu’il voit de raisonnable là-dedans », se plaint le président du Syndicat des employés municipaux des Îles, Gilles Turbide.

Du côté patronal, l’offre a augmenté d’un peu plus de 1,5 % depuis les plus récentes négociations.

« On calcule l’impact des demandes et des offres qui sont faites en fonction de ce que ça va donner sur le budget finalement. Là, ce qu’on peut dire, c’est que l’offre patronale qui est sur la table équivaut à 16 % d’augmentation sur cinq ans. Donc, incluant les années 2025 et 2026 qui seront rétroactives parce que ce sont deux années qui sont déjà budgétées », explique le maire de la municipalité des Îles, Antonin Valiquette.

D’après le vice-président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine de la CSN, Nolan Boudreau, cette offre n’arrive pas à la cheville de ce que les employés municipaux ont pu obtenir en Gaspésie.

« Ils sont allés chercher jusqu’à 20 % d’augmentation de salaire sur cinq ans, ce qui va un peu à l’encontre du fait que l’on martèle que ça coûte beaucoup plus cher ici que partout ailleurs en région. Oui, la Gaspésie peut être une région éloignée, ça ne leur enlève absolument rien, au contraire, mais nous, on est éloignés et isolés. »

Gilles Turbide estime que le salaire annuel moyen des employés varie entre 30 000 $ et 35 000 $. Dans son calcul, il ajoute aussi la paie des travailleurs saisonniers. Le directeur général de la Municipalité nuance quant à lui ces données.

« Un opérateur de déneigement gagne 22 000 $ sur 16 semaines. Plus du temps supplémentaire, c’est tout proche du 30 000 $ que monsieur Turbide mentionnait. Et au niveau annuel, le salaire moyen, on n’est pas gêné de le dire, il est de 34 $ l’heure. Si vous faites le calcul, 52 semaines à 35 h 30 ou 36 heures, prenez les heures que vous voulez, mais c’est autour de 36 h 30 par semaine, ça donne 63 000 $ annuellement », répond Jean Hubert.

Selon la CSN, la masse salariale des cadres à la municipalité est passée de 3 millions de dollars en 2020 à près de 6 millions en 2025.

« On peut dire que l’année passée, ils ont terminé avec un surplus budgétaire de 3 millions de dollars, alors on comprend que les cadres sont très bien payés […] puis on n’est pas capable d’assumer et de payer adéquatement les employés qui travaillent pour la Ville », ajoute la vice-présidente à la FEESP-CSN, Josée Dubé.

Pour le syndicat, cette masse salariale serait trop élevée pour le nombre de cadres en fonction. Le maire de la municipalité des Îles a répondu.

« Souvent, ces salaires-là sont subventionnés aussi, mais il y a une affaire que je veux peut-être rappeler aussi. C’est qu’il n’y a pas de demande syndicale à revoir le ratio cadres-employés », rétorque Antonin Valiquette.

Des négociations auront lieu lundi prochain. Si elles ne sont pas concluantes, les trois journées de grève auront bel et bien lieu.