Protection de la jeunesse : les familles d’accueil manquent dans Charlevoix
Publié le 23 juin 2026 à 16:21, modifié le 23 juin 2026 à 16:22
Charlevoix compte seulement 32 familles d’accueil pour des jeunes en difficulté. C’est la plus basse proportion dans la région de la Capitale-Nationale, alors que les signalements à la Direction de la protection de la jeunesse ont augmenté de 42 % dans la dernière année. Une mère de famille d’accueil de proximité témoigne de son expérience.
Catherine Thibeault et son conjoint n’avaient jamais pensé devenir famille d’accueil. Il y a un an et demi, leur fille leur a demandé d’accueillir une amie.
« Quand la vie nous apporte quelque chose sur notre chemin, normalement on le prend. Elle est arrivée dans notre vie comme ça. On en a discuté, ça a pris une demi-heure, puis on le savait », confie la mère de famille en entrevue.
Il a fallu s’adapter à cette nouvelle réalité familiale. Au jour le jour, les parents aident leur nouvelle fille à rebâtir sa vie.
La résidente de La Malbaie emploie l’image d’un « tuteur pour une plante, la faire grandir le plus droit possible, puis qu’elle atteigne ses buts, ses rêves aussi. Elle avait des rêves qu’elle se disait que ce n’est pas possible, mais oui, tout est possible », assure-t-elle.
Alors que les signalements à la DPJ sont en hausse, Charlevoix manque de familles d’accueil. Catherine Thibeault juge que le processus d’évaluation peut freiner plus d’un candidat. « Je connais beaucoup de gens qui voudraient être famille d’accueil, mais que les normes sont tellement intenses qu’ils n’y arrivent juste pas. »
Les critères pour devenir famille d’accueil de proximité, qui ont déjà un lien avec la personne mineure, semblent plus simples. La formule évite aussi de la déraciner de son milieu.
« Ça permet aux enfants de rester dans la communauté, de rester dans le territoire de Charlevoix, d’avoir des contacts beaucoup plus fréquents avec leurs parents, avec la fratrie, avec la famille élargie, de pouvoir continuer d’aller à l’école dans leur école de bassin », affirme Sophie Turcotte, directrice adjointe de la protection de la jeunesse chez Santé Québec Capitale-Nationale – Universitaire.
Catherine Thibeault croit que l’expérience vaut la peine d’être vécue. Malgré ses défis, elle n’a aucun regret. « En fait, c’est un cadeau immense qu’on fait à quelqu’un, qu’on offre à quelqu’un, qui nous le rend au centuple. »
Santé Québec lance un appel aux familles intéressées à accueillir un enfant ou un adolescent. Une séance d’information publique aura lieu le 8 juillet à Baie-Saint-Paul.