Procès Doiron : contre-interrogatoire rigoureux pour l’ex-policier
Publié le 17 juin 2026 à 19:19, modifié le 17 juin 2026 à 19:31
Par: Pierre-Marie Nicolas
Dans le procès de Claude Doiron à Percé, l’ex-porte-parole de la Sûreté du Québec a passé la journée à la barre.
La Couronne a attaqué sur un terrain différent de ce matin, mais similaire au déroulé de l’ensemble du procès : la mémoire. Le procureur a questionné Claude Doiron sur ses visites chez un proche dans la région, près de Murdochville, à l’été 1988. L’accusé a d’abord dit ne pas se souvenir y être allé durant une longue période, de 1984 jusque dans les années 2000. Mais a fini par admettre y être retourné, seulement dans les années 90.
Encore sur l’été 1988, l’accusé a présenté un relevé d’emploi attestant qu’il travaillait pour la Sûreté municipale de Murdochville sur cette période. Il soutient que ses fonctions l’empêchaient de quitter la municipalité, ce qui rend impossible sa présence sur les lieux des crimes présumés.
La Couronne a aussi creusé l’épisode du 15 juin 2023, jour de son arrestation à Québec et du témoignage de sa conjointe à deux enquêtrices. Claude Doiron a raconté avoir reçu une mise en garde de son avocat avant de parler à sa conjointe au téléphone ce jour-là. Son avocat avait été clair avec lui : rien à leur dire, rien à signer. Lui-même connaissait la SQ. Me Jean-François Boucher a près de 24 ans d’ancienneté dans les rangs de la sureté.
Me Desjardins lui a demandé pourquoi cette prudence avec sa femme, s’il n’avait rien à se reprocher. L’ancien porte-parole a répondu qu’il venait tout juste d’être interrogé par la SQ à Québec. Il a ajouté qu’il connaissait bien les moyens dont pouvait disposer son ancien employeur.
Sur cette même déclaration de 2023 de sa conjointe, celle dont elle a contesté les conditions de signature à l’audience de mardi. Claude Doiron a assuré ne jamais l’avoir lue complètement, ou seulement par de courts résumés fait par sa femme.
Doiron est aussi revenu sur la question du véhicule, au cœur du litige depuis le témoignage de la plaignante, qui évoquait une voiture rouge au moment des faits allégués en 1988. Il dit avoir eu accès à certains documents, dont cette partie de sa déposition, et avoir lui-même fait des démarches de vérification auprès de la SAAQ pour retracer son véhicule de l’époque. Il s’agirait d’une Datsun B210 1978, bleu ciel, son premier véhicule, acheté en 1986.
Une matinée d’interrogatoire
L’accusé a passé la première partie de la journée à clamer son innocence et à défendre ses 30 ans de carrière dans les rangs de la police, avant de raconter en détail le jour de son arrestation, en juin 2023. Selon son récit, la SQ aurait organisé ce jour-là une sortie de Rimouski vers Québec, sous prétexte d’une réunion suivie d’un lunch informel avec des journalistes de la région de Québec. L’objectif : Une fois rendu au quartier général, il aurait trouvé curieux de voir autant de hauts gradés réunis. Il aurait d’abord cru à une blague pour marquer la fin de sa carrière. C’est plutôt un mandat d’arrestation qu’on lui aurait présenté.
L’ex-porte-parole a été questionné sur sa relation avec la plaignante, qu’il dit avoir connue toute jeune. Mais selon lui, il n’a jamais eu de lien avec elle à l’adolescence : trop jeune, pas du même âge.
Doiron est aussi revenu sur la question du véhicule, au cœur du litige depuis le témoignage de la plaignante, qui évoquait une voiture rouge au moment des faits allégués en 1988. Il dit avoir eu accès à certains documents, dont cette partie de sa déposition, et avoir lui-même fait des démarches de vérification auprès de la SAAQ pour retracer son véhicule de l’époque. Il s’agirait d’une Datsun B210 1978, bleu ciel, son premier véhicule, acheté en 1986.
Dans un aparté, il a aussi évoqué prendre des antidépresseurs et des somnifères depuis trois ans, affirmant qu’il n’est cognitivement plus le même. Selon lui, ça affecte sa capacité à se souvenir avec précision de certains événements passés et récent. Il a également mentionné l’impact de ce procès sur sa vie et celle de ses proches.
Demain matin, la défense a prévu un interrogatoire supplémentaire sur certains point évoqués lors du contre-interrogatoire effectué par la Couronne.
La défense et la Couronne sont attendues pour plaider vendredi au palais de justice de Percé.