Procès de Claude Doiron : la preuve de la défense continue
Publié le 15 juin 2026 à 16:51, modifié le 17 juin 2026 à 13:58
Par: Pierre-Marie Nicolas
La preuve du ministère public est officiellement close au procès de Claude Doiron. La défense a entamé la présentation de ses témoins ce lundi au palais de justice de Percé.
La femme de Claude Doiron était présente mardi après-midi devant la barre. Devant le juge Lortie, elle décrit leur vie commune, leurs déplacements, les véhicules et un voyage à l’Île-du-Prince-Édouard. Elle affirme avoir toujours été avec lui lorsqu’il ne travaillait pas et nie toute présence en Gaspésie cet été-là.
Mais en contre-interrogatoire, la Couronne représentée par Me Desjardins a fait ressortir sa déclaration de 2023. Elle y affirmait avoir fait la Gaspésie de fond en comble et connaître Murdochville, où habitait Claude Doiron à l’époque. Questionnée, elle revient aujourd’hui sur cette déclaration et conteste même le document de neuf pages qu’elle a signé. Elle assure ne pas l’avoir relu avant de signer. Détail que la Couronne s’est empressée de creuser.
Elle affirme également avoir déposé une plainte au commissaire à la déontologie sur la manière dont la déposition s’est faite en 2023.
Une enquêtrice de la SQ est intervenue pour témoigner. Elle affirme avoir toujours proposé de relire la déclaration avant signature, et qu’elle relit systématiquement. Elle rapporte aussi que la femme de l’accusé avait dit avoir une mémoire d’éléphant et avoir besoin de se sentir crue. Selon l’enquêtrice, elle était nerveuse après avoir raccroché avec son conjoint, qui l’aurait appelée pendant l’interrogatoire.
Depuis lundi après-midi, la défense a fait entendre quatre témoins au total. Elle en prévoit encore deux ou trois, dont Claude Doiron lui-même, qui pourrait prendre la barre très prochainement.
Le premier a été questionné sur ses souvenirs de l’été 1988. Sous contre-interrogatoire, il a admis n’avoir aucun souvenir propre de cette période ses repères viennent uniquement des photos dont la date est au cœur du litige.
Un deuxième témoin, qui aurait échangé avec la plaignante sur une plateforme en ligne, a été questionné sur ses relations avec Doiron et la plaignante à deux périodes de vie différentes. La Couronne a soulevé plusieurs objections sur la recevabilité de certains éléments, craignant que ce type de preuve revienne au fur et à mesure des audiences. Le juge Lortie a pris les objections sous réserve.