Quitter ou rester?: le temps est compté pour les résidents de la rue des Tournepierres
Publié le 11 mai 2026 à 16:20, modifié le 12 mai 2026 à 13:02
Par: Patrick Giguère
Quitter ou rester à leurs risques et périls. Voilà la décision, souvent émotive, que doivent prendre les résidents de la rue Tournepierres à Maria. Le compte à rebours est commencé et ils ont jusqu’au 4 juin pour faire connaître leur choix.
C’est le gazouillis des oiseaux qui se faisait entendre lundi sur la rue des Tournepierres à Maria.
Mais derrière ce calme apparent, l’urgence demeure réelle. Plusieurs terrains vacants témoignent déjà des départs amorcés au cours des derniers mois. Des pics d’arpentage sont désormais visibles le long de la rue.
Au total, 45 résidences sont exposées par les risques de submersion côtière, mais seulement une trentaine sont admissibles aux programmes gouvernementaux.
« Pour l’instant, on sait qu’il y a une douzaine de résidences qui vont quitter le secteur, mais on ne peut pas encore dire si elles seront démolies ou déplacées vers un autre site », indique la mairesse de Maria, Patricia Chartier.
Les propriétaires auront 18 mois, s’ils acceptent de partir, pour décider de la suite des choses : déménager leur propriété sur la rue des Faisans ou en construire une nouvelle.
« On va se retrouver plusieurs irréductibles ici, qui ont de belles maisons situées dans un quartier merveilleux : je n’ai pas peur de dire que je pense que la valeur de ma maison va s’apprécier dans quelques années », lance Philippe Aubin.
Pour le docteur Philippe Aubin, qui habite ce secteur depuis 28 ans, il n’est pas question de faire ses valises.
« J’ai vu quatre inondations depuis 2010 et, à chaque fois, l’eau a monté dans la rue, mais je n’ai jamais eu d’eau dans la maison », indique-t-il.
Le discours est similaire à quelques maisons de chez lui.
« Il a déjà passé de l’eau dans le driveway, mais ça ne m’a pas dérangé. Je vais rester ici tant que je peux », dit avec conviction Yvon Landry.
L’allocation offerte est basée sur la valeur de l’évaluation municipale et peut atteindre un maximum de 385 000 dollars.
Pour Claude Leblanc, ce n’est pas suffisant pour se relocaliser.
« Je ne me sens pas obligée de partir. Si je me trouvais un endroit que j’aimerais, peut-être que je le ferais pour avoir plus de valeur à ma maison, mais pour l’instant ce n’est pas le cas », dit la résidente, qui songe à rester dans sa maison.
« Si, dans les prochaines années, il y a encore des tempêtes à répétition et qu’ils sont affectés, ils devront s’adapter par leurs propres moyens », prévient Patricia Chartier.
La municipalité discute avec la Commission de protection du territoire agricole du Québec afin de permettre le déplacement des maisons sur des terrains agricoles plutôt que par la route 132.
La mairesse reconnait que déménager les propriétés sera un défi technique important.
« Il y a des défis techniques très grands, mais le ministère nous accompagne. On est bien optimistes qu’on va trouver des solutions, mais à court terme, il y a quand même un petit stress d’ici là. »
Pour la suite, le conseil a accepté que les propriétaires puissent installer sur leurs terrains des infrastructures mobiles.
« C’est vraiment pour leur donner un horizon de cinq ans afin qu’ils puissent continuer à profiter du terrain, mais c’est une mesure à court terme et aucune infrastructure permanente ne pourra y être installée », précise celle qui est à la tête de la municipalité.
24 jours : c’est le temps qu’il reste aux résidents de la rue des Tournepierres pour prendre leur décision.