Don d’organes: « On dirait que tu redécouvres la vie. C’est du pur bonheur après ça. »
Publié le 21 avril 2026 à 15:07, modifié le 21 avril 2026 à 18:26
Par: Patrick Giguère
La Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine affiche l’un de ses meilleurs taux de référencement de donneurs d’organes depuis les dernières années.
Un seul donneur peut sauver jusqu’à huit vies.
Alors que des patients attendent toujours un appel qui changera leur destin, Transplant Québec profite de la Semaine nationale du don d’organes et de tissus pour rappeler l’importance de signer sa carte d’assurance maladie et d’en parler à ses proches pour multiplier les chances de sauver des vies.
La région de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine affiche une progression notable de son taux de référencement de donneurs potentiels depuis les dernières années.
« Vous aviez six références par 100 000 habitants il y a deux ans, trois l’an dernier, et vous êtes à dix cette année », explique le docteur Sylvain Lavigne, directeur des soins infirmiers et du soutien aux établissements chez Transplant Québec.
Cette importante augmentation des appels chez Transplant Québec s’expliquerait notamment par de meilleurs réflexes dans le réseau de la santé.
« C’est généralement parce qu’il y a eu une meilleure formation et capacité et performance des professionnels de la santé à identifier les donneurs potentiels. »
La grande majorité des donneurs sont des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral et qui ne répondent plus aux traitements médicaux.
« Un donneur potentiel d’organes représente environ 1 % de tous les décès en centre hospitalier qui répondent aux critères requis pour un don d’organes. C’est très peu d’occasions. C’est ce qui distingue le don d’organes du don de tissus », poursuit le docteur.
Elle sauve la vie de son garçon
C’est à partir de l’âge de six mois que le fils de Mélanie Bergeron commence à fréquenter les bureaux de médecins et les hôpitaux, en raison d’une maladie orpheline.
« On nous avait dit que, avec des reins polykystiques, Raphaël allait vivre comme ça sans problème. Qu’il en aurait peut-être un vers l’âge de vingt ans… ou deux », raconte la résidente de Saint-Ulric.
Quelques années plus tard, au début des années 2010, les spécialistes concluent qu’une greffe est nécessaire pour sa survie.
« On a dû lui enlever les deux reins — c’est rare qu’on fait ça. On lui a enlevé les deux reins à l’âge de 11 ans, avant la greffe, et ses reins pesaient dix livres. »
« J’étais jeune. On dirait que je ne réalisais pas, mais avec le recul, l’âge et le temps qui passe depuis que j’ai eu le greffon, ça va vraiment bien. Je réalise que c’est un don de soi de donner un organe. Ça a changé ma vie de tout au tout. Je suis vraiment reconnaissant », indique celui qui est maintenant âgé de 24 ans.
Au cours de la dernière année, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, un donneur d’organes a permis à sept personnes de recevoir une transplantation.
« On est sur la bonne voie au Québec. On compte près de 40 % de donneurs d’organes en plus au cours des vingt-cinq dernières années », fait savoir le docteur Lavigne.
« Ce n’est pas une perte que vous avez, c’est vraiment un gain que vous donnez à quelque d’autre », ajoute Mélanie Bergeron.
«On dirait que tu redécouvres la vie. C’est du pur bonheur après ça », termine Raphaël.