Grande-Rivière: un projet de 20 millions de dollars pour avoir le bateau du futur
Publié le 13 avril 2026 à 16:22, modifié le 13 avril 2026 à 16:22
Par: Patrick Giguère
La municipalité de Grande-Rivière souhaite se positionner comme un pôle d’innovation dans le domaine des pêches et de l’aquaculture. Le nouveau projet repose sur la construction d’un bateau de recherche industriel hybride.
Alors que les pêcheurs de crabe des neiges se préparent à prendre le large à compter de mardi matin, le maire de Grande-Rivière , lui, travaille depuis un certain temps au développement d’un bateau du futur et sur l’aquaculture durable.
« Souvent, les pêcheurs, étant donné qu’ils sont très conservateurs, ont besoin de voir directement sur place des équipementiers faire des essais pour démontrer l’efficacité, la rentabilité et la productivité, afin d’être plus compétitifs et moins énergivores. Donc, il s’agit de se servir de la synergie de l’écosystème pour travailler sur la recherche et le développement », explique Gino Cyr.
Le bateau sera conçu pour répondre à des besoins à la fois académiques et pratiques.
Mesurant moins de 50 pieds, il se situera à proximité de l’École des pêches et du Centre intégré de recherche en technologies des pêches, de l’aquaculture, de la transformation et des bioressources marines
« Je pense qu’on va gagner du temps et que ce sera encore plus efficace, parce qu’il va y avoir la participation des pêcheurs, qui eux aussi vont pouvoir interagir et apporter leurs recommandations », ajoute l’élu.
« En ayant un outil comme ça, vraiment, tout le monde pourrait y aller ensemble : les chercheurs de l’Université, les étudiants de l’École des pêches, les chercheurs de Merinov, les fabricants, pour voir avant de commercialiser et éviter les essais-erreurs », ajoute pour sa part le vice-président des Industries Fipec, Jean-René Desbois.
Merinov indique que ce nouveau centre permettra de développer et d’effectuer des essais sur les engins de pêche, les technologies de capture et les équipements de transformation à bord,, sans avoir à mobiliser des navires commerciaux souvent indisponibles ou inadaptés à la recherche expérimentale du côté de Grande-Rivière ou de la Baie-des-Chaleurs.
«Ce projet renforcera notre offre de services aux entreprises en nous permettant d’accompagner nos clients jusqu’à l’étape cruciale de la démonstration en conditions réelles, et permettra de matérialiser enfin le projet de Navire du futur développé il y a plus de dix ans maintenant. Il consolidera notre position de leader et nous permettra d’attirer des projets d’envergure nationale et internationale, tout en maximisant l’utilisation de installations et de nos équipes basées à Grande-Rivière », indique le directeur général de Merinov, David Courtemanche.
Le projet inclut également l’ajout d’une rampe de mise à l’eau et d’équipements plus sécuritaires pour les pêcheurs et les plaisanciers.
« C’est une remorque, un trailer. Comme je vous le disais, elle est de moins en moins adaptée, puisque les bateaux grossissent et qu’on commence à atteindre les limites. Ils en ont même échappé un, une année », raconte M.Desbois.
Le plan d’affaires a été déposé au ministère de l’Économie et de l’Innovation.
Le coût du projet est estimé à 20 millions de dollars.
Après avoir essuyé un refus avec le projet de zone d’innovation en économie bleue, en raison d’un manque d’appui financier du secteur privé, le maire souhaite que le deuxième essai morde à l’hameçon.