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Les transporteurs par autobus de la Gaspésie écopent de la flambée du carburant

Publié le 10 avril 2026 à 15:03, modifié le 13 avril 2026 à 15:31

Par: Pierre-Marie Nicolas

Le conflit au Moyen-Orient frappe de plein fouet les transporteurs par autobus de la Gaspésie. Avec l’envolée du prix de l’essence, leurs coûts d’exploitation bondissent de plus de 30 %, et aucun retour à la normale n’est envisagé à court terme.

Ce matin, l’essence ordinaire se vendait à 1,99 $ le litre à Carleton, tandis que le diesel atteignait 2,75 $ dans certaines stations des Îles-de-la-Madeleine.

Une facture qui s’alourdit 

Pour Transport Joe Dugas & Fils, entreprise familiale du sud de la Gaspésie, la hausse se chiffre noir sur blanc. Son propriétaire, Pierre Dugas, explique que l’un de ses circuits de 225 km par jour lui coûte désormais environ 1 000 $ de plus par mois par rapport au mois de février pour le même trajet.

L’augmentation se fait également sentir sur les pièces mécaniques, dont le prix a bondi de 35 %, tout comme leur transport jusqu’en Gaspésie.

Sur les 18 véhicules de l’entreprise, seulement 5 sont électriques. Pour les longs trajets de la région, le carburant demeure incontournable.

« Ça ne pourra pas être 100 % électrique. Il va falloir toujours avoir des thermiques parce qu’il y a des situations, des remises de bulletins, le transport du midi, il y a beaucoup de choses à prendre en considération. » — Pierre Dugas

Des contrats qui lient les mains des transporteurs

La situation est d’autant plus préoccupante que les transporteurs scolaires sont liés par des contrats signés avec les centres de services scolaires jusqu’en 2028. Ces ententes, négociées avant la flambée actuelle du carburant, ne prévoient aucun mécanisme d’ajustement permettant de refiler la hausse au donneur d’ouvrage.

Résultat : les entreprises doivent absorber elles-mêmes l’explosion des coûts, sans possibilité de revoir leurs tarifs à la hausse pour les circuits scolaires, qui représentent pourtant le cœur de leurs activités. C’est précisément ce qui rend l’appel à l’aide de la Fédération aussi pressant.

Un appel à Québec

Du côté de la Fédération des transporteurs par autobus, on demande au gouvernement du Québec de mettre en place une aide immédiate, semblable au programme démantelé au moment du virage vers l’électrification.

Son PDG, Luc Lafrance, rappelle qu’une crise similaire avait été vécue au début des années 2000. À l’époque, Québec avait instauré un programme de compensation fixant un prix de référence pour le diesel en début d’année scolaire, puis ajustant mensuellement l’écart. Ce programme a toutefois été aboli avec l’avènement de l’électrification en 2021.

Sans aide gouvernementale, plusieurs entreprises réfléchissent déjà à réduire leur offre. M. Lafrance confie que certains transporteurs envisagent d’annuler les voyages spéciaux de fin d’année et les sorties parascolaires, jugés trop coûteux en carburant.

Des clients de longue date à prévenir

Et puis il y a les clients fidèles, à qui il faut maintenant annoncer la hausse. Pierre Dugas avoue que l’exercice est difficile, d’autant plus que certaines organisations font affaire avec l’entreprise depuis 35 ans. Les ajustements à la hausse devront être assumés par les parents ou les organisations qui commandent ces voyages.

La Fédération espère maintenant être entendue par Québec. D’ici là, ce sont les entreprises familiales gaspésiennes qui sont prises à la gorge.