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Gaspé: été incertain pour plusieurs familles faute de place dans un camp de jour

Publié le 9 avril 2026 à 15:35, modifié le 10 avril 2026 à 08:55

Par: Patrick Giguère

Des dizaines de parents de Gaspé se retrouvent au dépourvu. Les places pour le camp de jour d’Été jeunesse se sont envolées quelques instants à peine après l’ouverture des inscriptions. Plusieurs devront désormais se tourner vers d’autres solutions pour l’été.

Pour un deuxième été consécutif, Laurie Houle-Beaudry n’a pas réussi à obtenir de place au camp de jour Été jeunesse pour ses trois enfants, malgré une préparation minutieuse.

« J’étais devant mon ordinateur 30 minutes à l’avance, j’étais prête, parce que je n’ai pas réussi à avoir une place l’an passé. Je me suis dit que cette année, j’allais être vraiment prête à la minute près. Puis à 19 h 30, j’ai essayé d’envoyer mon formulaire pour mon premier enfant — parce que j’en ai trois à inscrire — et il y a eu un code d’erreur », raconte la maman.

L’infirmière clinicienne n’est pas la seule à se retrouver au dépourvu.

« Je me suis retrouvée à me questionner s’il y avait eu un bug , finalement il y a eu vraiment un message sur la page pour dire qu’il n’y avait plus de places déjà », souffle Noémie Maisonneuve.

« On est énormément de professionnels, beaucoup de pères et de mères qui n’ont pas réussi à inscrire tous leurs enfants. Des fois, on en a un sur deux ou sur trois », indique Laurie.

« C’est moi qui gérais les inscriptions. Ça a pris même pas deux minutes avant que ce soit complet », révèle Marie-Michèle Chouinard, la présidente de la petite équipe bénévole de quatre personnes derrière Été jeunesse Gaspé.

L’organisme accueille entre 120 et 130 enfants chaque été.

Mme Chouinard précise que la fermeture d’autres camps dans la région, comme le camp sportif et celui des Débrouillards, a accentué la pression sur leur offre.

« C’est sûr que ça fait beaucoup de places en moins pour l’été. »

Une situation qui oblige les familles à s’adapter tant bien que mal.

« J’ai réussi à trouver deux ou trois semaines de camps offerts à la semaine, ici à Gaspé. Il y a le camp du musée et le camp de voile, mais il me reste quand même quatre semaines durant l’été où je n’ai personne. Ma famille est à l’extérieur, donc je me retrouve à devoir chercher des plans B, C, D », enchaîne Mme Maisonneuve.

« Je vais réorganiser mon travail cette année. Mes enfants vont tout de même passer un été un peu plate, malheureusement, mais j’ai la chance de pouvoir ajuster mon emploi du temps », mentionne Laurie Houle-Beaudry, qui a la chance de faire du télétravail.

Pour sa part, la Ville de Gaspé est en contact avec les organismes partenaires pour explorer toutes les pistes de solutions.

Elle invite les parents qui n’ont pas pu obtenir une place à remplir un court formulaire sur son site internet pour avoir un portrait plus juste de la situation.

«La prémisse de base : on a besoin de combien de locaux, combien de moniteurs, c’est quoi le besoin réel. Est-ce que c’est 10, est-ce que c’est 20, 50 ou 200 ? On a besoin de le savoir », dit le maire Daniel Côté, qui invite la population à faire preuve de civisme après un tollé sur les réseaux sociaux.

« C’est beaucoup de travail pour des mamans bénévoles, avec leur travail respectif et leur famille à gérer. (…) J’espère qu’il va y avoir d’autres parents qui vont se lancer dans l’aventure, parce que c’est vraiment le fun, pour qu’on puisse trouver des solutions pour agrandir ou offrir d’autres options aux parents », termine Mme Chouinard.

« Moi ce que je souhaite c’est qu’il y ait plus d’offre pour les parents . Je tiens à ma communauté, mais en même temps je me demande pour les prochaines années est-ce que je vais devoir changer de ville. J’ai besoin de mes étés comme travailleuse. C’est un souci financier pour les familles aussi », espère Noémie Maisonneuve.