Maigrir à vue d’œil, en attendant d’être soignée
Publié le 31 mars 2026 à 17:24, modifié le 31 mars 2026 à 17:31
Par: Catherine Pellerin
Une dame de Rivière-du-Loup est atteinte d’un trouble alimentaire méconnu, qui a de sérieuses répercussions sur sa santé. Mélanie Lafontaine, qui attend depuis des mois pour consulter un spécialiste, lance un appel à l’aide.
Depuis plus d’un an, la femme de 40 ans ne parvient à s’alimenter qu’avec quelques aliments réduits en purée.
« Évidemment, mon bilan sanguin s’en vient de plus en plus catastrophique. Ce qui me guette, si je ne suis pas suivie, c’est que je vais mourir. C’est ce qui m’attend », confie-t-elle.
Son problème a commencé en février 2025, lorsqu’elle s’est étouffée à plusieurs reprises en avalant un médicament, pourtant minuscule.
« C’était vraiment un mini comprimé et j’ai réussi à m’étouffer. Il est resté pris et j’ai dû attendre qu’il fonde. Même si tu te dis qu’il est petit et qu’il va passer, tu le sens et c’est un état de panique. Tu te demandes s’il va finir par passer pour vrai », raconte-t-elle.
Elle est devenue incapable ensuite d’avaler normalement de la nourriture. Elle a développé un trouble du comportement alimentaire restrictif ou évitant, qui s’ajoute à plusieurs allergies et intolérances alimentaires dont elle souffrait déjà. Résultat : sa perte de poids est importante.
« Patates, poulet, carottes et d’autres légumes… ça, je suis capable, mais seulement en purée. Yogourt protéiné aussi. Mais ça reste là. C’est tout. Et la quantité est minime, à peine quatre cuillères à la fois », explique Mélanie Lafontaine.
Elle a perdu jusqu’ici une trentaine de livres et elle continue de maigrir à vue d’œil. Son état se dégrade aussi. Il y a quelques mois, elle a dû cesser de travailler. « Je pèse 88 livres. J’ai la peau sur les os, j’ai de la misère à fonctionner. Il y a des journées où je n’arrive même pas à me lever », ajoute-t-elle.
Malgré l’urgence de la situation, Mélanie Lafontaine attend toujours d’avoir accès au traitement psychologique nécessaire pour réapprendre à manger. Elle dénonce les délais et des problèmes administratifs du système de santé.
« Je trouve ça extrêmement lent, le système. Je ne comprends pas pourquoi il y a seulement deux cliniques publiques spécialisées dans tout le Québec et pourquoi c’est si difficile d’avoir accès à des spécialistes. Au Bas-Saint-Laurent, il n’y a rien pour avoir accès à quelqu’un qui est spécialisé dans les troubles alimentaires », déplore-t-elle.
Appel à la générosité
Sa fille, Maïka Pilon, s’inquiète pour sa mère. Elle a lancé une campagne de sociofinancement, pour l’aider à consulter au privé. « Je crois que ma mère mérite une chance. Elle n’est pas toute seule là-dedans, on est tous là pour l’aider », confie-t-elle.
Maman de sept enfants, Mélanie Lafontaine garde malgré tout espoir de retrouver la santé et de reprendre une vie normale.
« J’aimerais ça avoir les moyens de payer pour être capable de me faire soigner. »