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Près de 150 citoyens se réunissent pour réclamer la réouverture de la pêche aux coques

Publié le 28 mars 2026 à 21:04, modifié le 30 mars 2026 à 19:51

Par: Patrick Giguère

Malgré le froid, près de 150 citoyens se sont rassemblés samedi en fin de journée pour témoigner de leur attachement à la pêche aux coques et réclamer son retour dans la Baie-des-Chaleurs.

Le rassemblement était organisé à la halte routière La Piouke de Bonaventure et avait été initié par Jean-François Henry, un citoyen de la municipalité.

En plus de sensibiliser le comité fédéral des pêches à accélérer le processus d’analyse permettant l’ouverture de nouvelles zones de pêche aux coques en Gaspésie, M. Henry souhaitait également appuyer le député fédéral Alexis Deschênes, qui est actuellement au cœur d’une étude parlementaire amorcée mercredi.

« J’ai vu ça et je me suis dit : on va faire de quoi pour les aider. On s’est parlé, moi et Gaston [Bourdages], puis on s’est dit : on fait-tu une photo sur le bord de la plage, on l’essaie… (…) Je savais que le monde allait venir ici, le monde aime ça pêcher des coques », indique M.Henry.

Pelles, fouches et chaudières à la main, les participants se sont rassemblés sur la batture, à marée basse, derrière la halte pour une photo symbolique en guise d’appui.

« C’est assez touchant de voir qu’on est à peu près deux cents, dans ce samedi assez froid de la fin mars, pour venir démontrer que ce qu’on réclame est ancré dans les gens », fait remarquer Alexis Deschênes.

« Les photos qu’on a prises aujourd’hui, c’est sûr qu’on va les partager et qu’elles vont faire partie de notre plaidoyer pour convaincre le gouvernement fédéral de faire changer les choses », a ajouté le député de la circonscription Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine-Listuguj.

Pour de nombreuses familles, la pêche aux coques fait partie des coutumes locales depuis des générations.

« Il faut que ça revienne au monde de la place. C’est comme une coutume, comme aller aux éperlans l’hiver, pêcher le capelan l’été ou la chasse. Ça fait partie de nos traditions et de nos activités », explique M.Henry.

« Moi, j’ai pêché des coques avec mon père quand j’avais la grandeur de mes enfants, j’avais cinq ans, et j’espère pouvoir les y amener plus tard aussi, parce que dans le fond, c’est ce qu’on aime faire et c’est ce qu’on a envie de faire plus tard. Je pense qu’ils vont aimer ça, ils y sont déjà allés, mais il faut faire une heure de route. On aimerait bien y aller après le souper à la place », dit Marie-Ève, une mère croisée sur place.

« On a toujours pêché des coques ici depuis qu’on est enfants, et on voudrait continuer à pêcher. Ça nous manque. On est obligés d’aller à la pêche aux coques à Gaspé, et c’est loin. Ce serait vraiment le fun qu’on puisse rouvrir ici prochainement », espère un participant.

« On aimerait pouvoir pêcher des coques légalement, sans avoir de problèmes », lâche un jeune garçon rencontré sur le site.

Première rencontre 

Huit témoins de la Gaspésie ont été entendus mercredi lors de la première séance du comité des pêches afin de trouver des solutions durables pour assurer la salubrité de l’eau, la pérennité de la ressource et l’ouverture de nouveaux secteurs coquilliers.

Gaston Bourdages fait partie de ceux qui ont pris la parole.

Il y a déposé un mémoire sur l’historique du dossier.

Dans la Baie-des-Chaleurs, 48 zones de pêche aux coques existent, mais seulement 7 sont actuellement ouvertes.

« À la suite de notre présentation là-bas, les gens du comité ont été obligés d’avouer qu’il n’y avait pas d’analyses d’eau sur les 41 zones fermées. Ils font seulement des analyses sur les zones ouvertes. Comment voulez-vous qu’on puisse ouvrir une zone quand il n’y a pas de recherche de faite sur cette zone-là? C’est aberrant.»

Une seconde rencontre est prévue dans quelques semaines.

Alexis Deschênes tentera par la suite de convaincre les autres députés d’appuyer une recommandation afin que le gouvernement fédéral déploie des ressources pour ouvrir d’autres sites de pêche à la mye commune en Gaspésie.

Dans le meilleur des scénarios, le politicien aimerait déposer le rapport à la Chambre des communes d’ici la fin de la session parlementaire, le 19 juin, afin d’obtenir une réponse du gouvernement au début de l’automne.