Le refuge en itinérance de La Malbaie ferme le 10 avril, faute de moyens
Publié le 26 mars 2026 à 15:14, modifié le 27 mars 2026 à 15:55
Le refuge en itinérance de La Malbaie devra fermer plus tôt que prévu, faute de financement. Ouvert seulement depuis janvier, le service prendra fin le 10 avril, alors que la demande est toujours là. L’incertitude demeure même pour une réouverture l’automne prochain.
L’équipe de L’Éveil a dû prendre une décision difficile cette semaine. Le financement de son service d’hébergement d’urgence est insuffisant pour accueillir des itinérants jusqu’à la mi-mai.
« C’est encore de l’incertitude, puis on va laisser du monde dormir dehors encore. C’est ça qui est désolant. On ne peut plus aider parce qu’on n’a pas les moyens de le faire », déplore Françoise Tremblay, intervenante en itinérance.
Il n’y a pas que les usagers qui sont affectés par la fermeture. Les quatre intervenants de nuit, dont Mme Tremblay, devront quitter.
« Très mauvaise nouvelle : je vais perdre mon travail. Est-ce que je vais être obligée, moi, d’aller demander maintenant de l’aide alimentaire? », questionne-t-elle. « J’espère que non. »
C’est la première fois que Françoise Tremblay occupait un tel emploi. Elle y a trouvé sa place et espère pouvoir la reprendre dès l’automne prochain.
« J’ai adoré mon expérience, le côté humain. Il faut avoir un peu d’empathie pour ces gens-là, mais pas de sympathie, évidemment pour être capable de garder un contrôle puis d’être plus autoritaire », confie-t-elle.
À propos de ses collègues intervenants, la directrice générale de L’Éveil, Lucie Carré, explique que « ça prend quand même des personnes assez solides en intervention en itinérance, donc ça a été beaucoup d’apprentissage pour eux. Puis là, ben on va peut-être se retrouver au mois de septembre à être obligé de recommencer à former du personnel parce qu’ils vont s’être trouvés d’autres emplois. »
L’Éveil a reçu 170 000 $ du CIUSSS de la Capitale-Nationale pour opérer son service cet hiver. Selon l’organisme, c’est déjà trop peu, alors qu’on souhaite offrir le service en toutes saisons.
« On a beau parler d’enveloppe hivernale, au mois de juin, il y a du monde qui sortent de prison, puis ils vont avoir besoin d’un hébergement d’urgence parce qu’ils n’ont plus de logement, puis ils n’ont plus rien. Ça devrait être reconnu, ça devrait être à l’année », croit Mme Carré.
Encore cette semaine, le milieu communautaire affirmait souffrir d’une trop grande part de financement par projet et non récurrent. C’est le cas du refuge qui, hormis une enveloppe de 56 000 $ du CIUSSS, n’a aucune garantie supplémentaire pour la prochaine année.
Le CIUSSS affirme être équitable
Dans un échange de courriel, le CIUSSS de la Capitale-Nationale reconnait qu’il « ne dispose pas actuellement de sommes récurrentes pour répondre aux demandes de l’organisme », mais qu’il « a toujours répondu favorablement aux demandes de l’Éveil dans le cadre d’appels de projets, en fonction des sommes disponibles ».
L’organisme précise qu’il « doit veiller à respecter le processus d’attribution budgétaire, dans un souci d’équité envers les organismes qui soumettent des projets » et qu’il « travaille avec l’ensemble des acteurs de la région de Charlevoix pour répondre aux besoins en fonction des budgets disponibles pour les organismes de la région ».