Un ex-cadre d’un CPE de Gaspé visé par une poursuite civile de plus de 206 000$
Publié le 16 février 2026 à 10:39, modifié le 16 février 2026 à 14:04
Par: Patrick Giguère
Mathieu Tapp, ancien directeur adjoint du CPE Le Voyage de mon Enfance, à Gaspé, fait face à une poursuite civile de 206 417,45 $, somme qu’il aurait illégalement détournée sur une période d’un peu plus de deux ans alors qu’il occupait ce poste.
Une femme, également éducatrice au sein de la même installation, est aussi visée par cette poursuite devant la Cour supérieure.
Selon le jugement daté du 28 janvier dernier, entre le 31 octobre 2023 et le 3 novembre 2025, M. Tapp, qui avait accès au logiciel comptable, se serait versé des avances de salaire non autorisées.
C’est la firme comptable mandatée par l’organisme qui aurait découvert un important déficit de plus de 233 000 $ pour l’année financière 2024-2025.
Surpris par la situation, le directeur général, Gilles Chapados, a confronté son employé, mais ce dernier n’a pas été en mesure d’expliquer l’origine du déficit.
Quelques jours plus tard, lors d’échanges par messages textes avec son supérieur, M. Tapp aurait admis avoir posé des gestes fautifs et aurait convenu de prendre des arrangements afin de rembourser la dette.
À ce jour, Mathieu Tapp a remboursé 75 000 $ à l’organisme à but non lucratif.
Dans une déclaration sous serment, M. Chapados a affirmé que l’éducatrice aurait été de connivence avec M. Tapp et qu’elle aurait bénéficié des malversations, notamment en manifestant l’intention de transférer certains biens à son nom afin de les soustraire aux créanciers de M. Tapp.
Toutefois, le juge n’a pas retenu ces allégations, estimant qu’il s’agissait de simples suppositions, en contradiction avec la preuve documentaire produite par la demanderesse.
Le 19 décembre dernier, la demanderesse a obtenu des avis de saisie avant jugement visant une roulotte de voyage ainsi que deux véhicules : une Kia Rio et une Honda Pilot TrailSport.
Cependant, pour divers motifs, le tribunal a accueilli la demande de la défenderesse.
Le juge Damien Saint-Onge a ordonné qu’un des véhicules soit remis à la femme, celle-ci contestant la saisie et soutenant que le véhicule était insaisissable.
Joint au téléphone, Gilles Chapados s’est limité à dire que ce manque à gagner entraînait des répercussions sur la mission du CPE.