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Immigration : la Gaspésie se mobilise contre la fin du PEQ

Publié le 13 février 2026 à 16:12, modifié le 13 février 2026 à 17:30

Par: Pierre-Marie Nicolas

Des élus gaspésiens étaient réunis ce matin à Québec pour défendre l’immigration régionale. Ils dénoncent la suppression du Programme de l’expérience québécoise et craignent des impacts majeurs sur la main-d’œuvre et la vitalité économique de la région.

« C’est une sortie historique à notre avis », affirme le préfet de la MRC d’Avignon, Mathieu Lapointe.

Une trentaine d’organisations se sont rendues à Québec vendredi. Elles ont affiché leur soutien aux travailleurs étrangers en portant un cœur bleu.

« Il y avait vraiment un front commun de la société civile pour venir dénoncer ce qui semblait être des coupures dans le PEQ. C’est un impact direct sur les travailleurs dans l’ensemble des régions du Québec », ajoute le préfet.

L’abolition de ce programme cause de l’incertitude en Gaspésie.

Pour les entreprises comme pour les élus, le contrat n’est pas rempli par la CAQ.

« Le programme du PEQ, c’est un programme qui a été vendu partout dans le monde pour dire aux gens : venez chez nous, nous sommes accueillants. Ce sont des travailleurs qualifiés qui parlent français et là, ce qu’on dit du jour au lendemain, c’est qu’ils doivent et qu’ils peuvent potentiellement quitter. Donc c’est très, très dur pour les personnes et travailleurs qui sont dans ce programme-là », soutient-il.

Le regroupement demande des engagements concrets dès maintenant.

Du côté des municipalités, les élus passent à l’action. La MRC de La Côte-de-Gaspé a adopté une résolution pour que les travailleurs déjà installés puissent rester.

Même son de cloche dans celle du Rocher-Percé. La MRC réclame une clause grand-père pour protéger les droits acquis.

Les élus et les acteurs économiques craignent une dévitalisation de la région avec la fin du PEQ. Des citoyens partagent ces inquiétudes.

« Je pense qu’ils font fausse route complètement. Monsieur Roberge, avec son histoire de tout changer les règles du jeu, ça ne marche pas. Tu ne peux pas changer les règles en cours de route. Le contrat a été signé, les autres font leur part, ils ont le droit de rester », estime un résident.

« Absolument, il y a différents domaines où on ne peut pas se passer de travailleurs. Je pense qu’on est une population avec une démographie qui fait qu’il faut avoir de la vision pour les prochaines années », affirme un autre citoyen.

« La région a besoin de ces jeunes qui restent. Il faut que les gens viennent pour revitaliser, ça fait toujours du bien », ajoute une résidente.

Selon un sondage Léger commandé par l’Union des municipalités du Québec, près de huit personnes sur dix estiment que l’immigration doit être planifiée en fonction des réalités régionales.