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Baleines noires : Ottawa veut réduire les empêtrements liés à la pêche

Publié le 5 février 2026 à 16:32, modifié le 5 février 2026 à 16:32

Par: Pierre-Marie Nicolas

Ottawa souhaite mieux protéger les baleines contre les empêtrements causés par les engins de pêche, alors que plusieurs espèces, dont la baleine noire, sont menacées de disparition.

Le gouvernement canadien a déployé mardi sa nouvelle stratégie pour protéger en priorité les baleines noires de l’Atlantique Nord. Il en reste moins de 400 dans l’est du continent.

Ottawa souhaite cartographier les zones à haut risque et analyser les pratiques de pêche. L’objectif est d’orienter la mise au point d’engins de pêche plus adaptés et respectueux pour les baleines dans les cinq prochaines années.

Cette approche fédérale rassure chez les professionnels du secteur.

« Je crois que Pêches et Océans a travaillé avec les pêcheurs. Ils nous ont écoutés et on est rassurés de voir que les solutions pour protéger les baleines ne seront pas des solutions “one size fits all”. Ça va être vraiment adapté à chacune des pêcheries selon les régions. Parce qu’il y a des endroits où des solutions ne sont pas utilisables, des solutions qui ne marchent pas partout, donc on n’imposera pas des solutions », explique le directeur scientifique du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, Jean Côté.

Le plan proposé manque toutefois d’un volet important pour les professionnels : le financement. Les acteurs du milieu demandent une reconduction du Fonds des pêches par le gouvernement.

« Pour le développement des futurs outils, il va falloir que le Fonds des pêches soit reconduit. Parce que c’est bien beau de faire de belles annonces, de belles choses. Si l’argent ne suit pas… On n’est pas dans des années où les quotas sont bas. C’est extrêmement difficile. Les gars ne font pas leurs frais. C’est difficile d’aller investir dans de nouvelles technologies qui sont en développement et qui ne sont pas encore au point », souligne le président de l’Association des crabiers gaspésiens, Daniel Desbois.

Un autre élément est aussi absent de la stratégie, selon les crabiers : l’ouverture plus hâtive de la saison de pêche, avant l’arrivée massive des baleines dans le golfe.

Une solution qu’ils considèrent comme un moyen concret de réduire les interactions avec les baleines sans avoir à investir immédiatement dans des technologies coûteuses.

« Le départ hâtif, c’est la solution la moins coûteuse et la plus efficace de toutes, et elle ne fait pas partie du plan. C’est un petit peu déplorable », déplore le président.

Cette approche consisterait à ouvrir la saison de pêche plus tôt au printemps, avant l’arrivée massive des baleines dans le golfe, afin de réduire les risques d’empêtrements.

En 2020, Ottawa s’était engagé à imposer des cordages à faible résistance dans les pêches au casier, comme le crabe et le homard, au Canada atlantique et au Québec. Cette mesure faisait suite à une vague de morts et d’empêtrements de baleines noires observée dans le golfe du Saint-Laurent en 2017 et 2019.

Dans les prochaines années, Ottawa souhaite étendre la stratégie à d’autres espèces, comme le rorqual à bosse, ainsi qu’aux espèces de la côte ouest.