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En Gaspésie: le nombre de déclarations lié aux agressions physiques a augmenté de 152%

Publié le 5 février 2026 à 15:13, modifié le 6 février 2026 à 06:55

Par: Patrick Giguère

Le nombre de patients qui s’en prennent au personnel médical serait en forte hausse au cours des dernières années. Les déclarations liées à la violence au CISSS de la Gaspésie ont augmenté de plus de 150% en l’espace de deux ans.

Les employés du réseau de santé seraient de plus en plus victimes de violence physique et verbale lors de leur quart de travail, selon les plus récentes données du CISSS de la Gaspésie.

Le nombre de déclarations pour agressions physiques est passé de 60 en 2023 à 151 en novembre 2025.

« On observe une augmentation des déclarations. Est-ce qu’il y a réellement plus d’incidents ou est-ce qu’on déclare davantage qu’auparavant? Tant mieux si on déclare plus, parce que c’est ce qui est recherché », indique Gina Pelletier, la cheffe des ressources humaines volet prévention au réseau de santé gaspésien.

Le nombre d’incidents déclarés impliquant un patient agressif ou défensif est passé de 46 à 127 cas en deux ans, soit une augmentation de 176 %.

Au cours de la dernière année, 151 cas d’agressions physiques, dont deux impliquant une arme, ont été signalés aux hauts dirigeants des établissements de santé.

Les urgences, les départements de santé mentale et les unités jeunesse sont les principaux secteurs où les problèmes surviennent. Mais en général, le CISSS remarque un manque de patience chez de nombreux usagers.

« On observe une plus grande intolérance au sein de la population. Les gens sont moins patients. Je ne sais pas si cela est lié aux médias sociaux, mais on s’est habitués à une grande rapidité de réponse et, dès qu’il y a un temps d’attente, on remarque davantage d’incivilité. »

Toutefois, le nombre d’accidents ayant entraîné un arrêt de travail est en diminution, s’établissant à 9 %, comparativement à 15 % en 2024.

« Il y en a beaucoup qui sont en lien avec la mobilisation des patients présentement, c’est notre grande majorité. Il peut y en avoir avec les agressions, mais c’est encore une minorité qui est liée aux agressions », poursuit Mme Pelletier.

Gina Pelletier assure que des agents de sécurité peuvent intervenir rapidement.

« On a des agents de sécurité en poste, notamment à l’accueil de l’urgence. Ces personnes suivent la formation OMÉGA dans la plupart des cas et sont préparées pour intervenir lorsque des situations se produisent. »

Le personnel suit une formation interne pour désamorcer les situations conflictuelles ou de crise avant de recourir à la contention.

La cheffe des ressources humaines au volet prévention au CISSS reconnait qu’il reste du travail à faire.

«On a aussi un plan de développement pour la mise à jour de nos employés, parce que leurs compétences ne sont pas toujours à jour et nous avons besoin de mieux les outiller à cet égard. C’est un fait », reconnaît la cadre.

Gina Pelletier encourage les employés victime de violence à déclarer ces gestes inacceptables.

« Ça nous permet justement de voir quelles sont les situations, de bien les analyser, les comprendre et de mieux y réagir. »

Le syndicat du personnel infirmier n’était pas disponible pour commenter l’affaire jeudi.

Gina Pelletier invite les usagers à faire preuve de patience et de civilité envers ceux et celle qui tiennent à bout de bras notre système de santé.