Santé mentale: 36% des jeunes gaspésiens et madelinots ont un niveau élevé de détresse psychologique
Publié le 3 février 2026 à 19:50, modifié le 5 février 2026 à 06:38
Par: Patrick Giguère
La santé mentale des jeunes du secondaire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine s’est considérablement dégradée au cours de la dernière décennie. C’est du moins ce qui en ressort de la troisième enquête portant sur la santé mentale des jeunes du secondaire en 2022-2023 dévoilée ces derniers jours.
C’est dans la MRC du Rocher-Percé que l’on retrouve la plus grande proportion de jeunes aux prises avec un trouble de santé mentale. À l’inverse, c’est aux Îles-de-la-Madeleine que les cas sont les moins nombreux.
La santé mentale des jeunes du secondaire est loin d’aller en s’améliorant, selon les plus récentes données de la santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
Les résultats révèlent que 36 % des élèves se situent à un niveau élevé de détresse psychologique, une hausse marquée par rapport aux études précédentes : 19 % en 2010-2011 et 23 % en 2016-2017.
« On a pu observer chez nos jeunes des difficultés à exprimer ce qu’ils vivent, à trouver les bons mots pour parler de leurs émotions ou de leur détresse. Cette difficulté à se confier peut retarder l’accès à un soutien approprié », indique Nancy Gédéon, agente de planification, programmation et recherche à la Direction de santé publique Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine.
Les troubles diagnostiqués, tels que les TDA/ TDAH, la dépression et l’anxiété, ont aussi fortement augmenté, certains ayant plus que doublé depuis la dernière enquête, 2016-2017.
Dans la région, 34% des jeunes du secondaire ont reçu un diagnostic de TDA/TDAH comparativement à 25% ailleurs dans la province.
Un phénomène émergent, l’éco-anxiété — une angoisse chronique face à la crise environnementale — touche également une grande partie des jeunes : plus de trois filles sur quatre et un garçon sur deux.
« Ils peuvent nous raconter des choses et on ressent quand même qu’il y a beaucoup plus de stress et d’anxiété qu’avant la pandémie. »
Selon le coordonnateur de la Maison des jeunes de Bonaventure, plusieurs facteurs pourraient expliquer la situation, notamment le manque d’encadrement, la difficulté à recevoir des services spécialisés, l’omniprésence des réseaux sociaux ainsi que les répercussions liées à la pandémie.
« Je pense qu’on les écoute de moins en moins. Aussi, on a moins les ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins. Nous autres, on est ouverts quelques heures par semaine, mais on en prendrait plus », indique Mathieu Tanguay.
L’étude précise que le soutien social et de bonnes habitudes de vie sont des déterminants importants de la santé mentale.
Malgré cette détérioration, 41 % des élèves ont indiqué avoir toujours une santé mentale florissante, contre 54 % lors de la précédente étude.
Des initiatives sont en mise en place pour aider à les jeunes à surmonter leurs moments difficiles. Il suffit, parfois, d’un peu de courage, pour aller chercher l’aide nécessaires.
L’enquête a été menée auprès de 2 976 élèves répartis dans 18 écoles de la région, avec un taux de participation de 85,5 %.
Infographie : Direction de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine