Vidéos générées par l’intelligence artificielle : la Cité des Jeunes A.-M.-Sormany prend la situation très au sérieux
Publié le 29 janvier 2026 à 16:44, modifié le 30 janvier 2026 à 16:49
Des vidéos générées par l’intelligence artificielle, impliquant des enseignants d’une école secondaire d’Edmundston, circulent sur le réseau social TikTok. Le problème, c’est que certaines vidéos pourraient porter atteinte à la réputation.
Le contenu de certaines vidéos semble désobligeant et peut insinuer des allégations mensongères. Le District scolaire francophone du Nord-Ouest a refusé de nous accorder une entrevue. Des vidéos montrent des enseignants en train de danser. Certains sont qualifiés du meilleur enseignant et d’autres du pire. Mais une vidéo plutôt troublante montre un enseignant qui embrasse des jeunes hommes lorsque ceux-ci descendent des escaliers devant lui. Il y est écrit que l’enseignant accueille les élèves avant son cours.
« Je pense vraiment que ce n’est pas correct. Il aurait pu demander l’avis du prof avant de le faire, surtout sur certaines vidéos », affirme un étudiant.
« Mettre des affaires que c’est les pires profs, ce n’est pas intelligent », indique un jeune homme.
« Ce n’est pas vraiment gentil », mentionne une adolescente.
Dans une lettre envoyée aux parents hier, la Cité des Jeunes A.-M.-Sormany dit prendre cette situation très au sérieux et travaille à soutenir les personnes touchées.
« Ce n’est pas drôle parce qu’il y a quelques profs à la polyvalente qui ont manqué à cause de ça », souligne un élève.
« Ce n’est pas respectueux envers les professeurs parce qu’ils travaillent fort pour faire ce qu’ils font », fait savoir un adolescent.
La direction a rencontré certains étudiants ayant interagi avec l’une des vidéos et leurs parents ont été avisés. Une enquête est en cours. La Force policière a aussi été informée de la situation.
« Une fois que le contenu est partagé sur les réseaux sociaux, c’est facile de retracer la source », avoue Sylvain St-Onge, directeur général de Computech.
« C’est sûr qu’il va avoir des conséquences pour ça. Il devait s’attendre qu’il allait arriver quelque chose », ajoute une étudiante.
L’école demande aux parents de discuter avec leurs enfants des conséquences émotionnelles et sociales que peuvent avoir ces vidéos et de l’importance de réfléchir avant de partager un contenu en ligne. Le but est de rappeler aussi aux jeunes qu’une vidéo générée par l’intelligence artificielle peut sembler vraie, mais qu’elle ne l’est pas.
« Faut rester vigilant. Il faut arrêter la propagation de ces vidéos-là », lance M. St-Onge.
C’est aussi connu sous le nom de Deepfakes. Il s’agit d’utiliser l’image de certaines personnes, en les montrant faire des choses qu’elles n’ont en réalité jamais faites.
« C’est très facile. Un enfant peut faire ça en dedans de cinq minutes. Avec l’intelligence artificielle aujourd’hui, on est dans les tout débuts. Ça va être un fléau qui va être grandissant », révèle Sylvain St-Onge.
Selon un avocat, il serait peu probable dans ce cas-ci que des accusations criminelles soient portées.