Intelligence artificielle au cégep : outil pour tricher ou aide pédagogique?
Publié le 28 janvier 2026 à 17:15, modifié le 28 janvier 2026 à 17:16
Par: Charles Boisvert
Les établissements d’enseignement supérieur doivent désormais composer avec l’intelligence artificielle. Elle est de plus en plus utilisée par les étudiants. Le Cégep de Rivière-du-Loup s’adapte en adoptant des balises.
Pour certains élèves, c’est un outil de tutorat ou un moyen d’éviter le syndrome de la page blanche. Même invisible, l’intelligence artificielle est bien présente dans les classes du Cégep de Rivière-du-Loup.
« Je ne me permettrais pas de dire tout le monde, mais on est beaucoup à l’utiliser », affirme l’étudiant en Gestion et intervention en loisir, Malo Percq.
« On va très largement dans une utilisation qui est très répandue de l’intelligence artificielle », constate le directeur des études du Cégep de Rivière-du-Loup, Jérémie Pouliot.
Le nombre d’étudiant qui l’utilise est estimé à environ 80% par le personnel. Cette popularité grandissante a amené l’établissement à percevoir différemment l’IA. Plutôt que la démoniser, le Cégep choisit de l’encadrer.
« Ce sont des balises à cinq niveaux allant de l’utilisation de l’IA est complètement interdite à totalement permise », explique l’enseignant en Graphisme, Alexis Gagné.
« J’ai cette discussion-là avec mes élèves pour clarifier mes attentes », mentionne l’enseignant en Gestion et intervention en loisir, Michael Redmond.
« C’est principalement pour trouver de l’inspiration, des idées, si jamais on a besoin de reformulation », ajoute l’étudiant Malo Percq.
Développer des compétences sans l’IA
Ces balises varient selon le programme, le cours et même le travail.
« Si l’étudiant doit développer la compétence et que l’intelligence artificielle vient nuire à ce développement-là, on tombe dans une catégorie où l’intelligence artificielle est proscrite et interdite », indique Jérémie Pouliot.
« C’est un complément dans mon travail plutôt qu’un remplaçant », précise Malo Percq.
Mais où tracer la ligne entre tricherie et aide pédagogique?
« Tout est dans l’objectif qui est derrière », résume Jérémie Pouliot.
« Ça peut être un outil de tricherie quand on l’utilise sans se poser des questions ou sans être critique envers le résultat qu’on reçoit », avertit Michael Redmond.
Attention au plagiat
Le revers de la médaille, c’est le plagiat. Le Cégep de Rivière-du-Loup a répertorié une quinzaine de cas à la session d’automne, dont cinq reliés à une mauvaise utilisation de l’IA.
« Si elle n’est pas bien utilisée, si elle est utilisée dans un contexte qui n’est pas permis, c’est considéré comme du plagiat et de la tricherie », souligne Jérémie Pouliot.
« Tous les enseignants sont un peu plus alertes, évidemment, parce qu’on veut éviter qu’il y ait des dérapages, qu’il y ait des débordements au niveau de la tricherie », ajoute Alexis Gagné.
Pour aider les étudiants à faire une utilisation adéquate, des formations sont même offertes par un conseiller technopédagogique.
« On parle bien sûr de l’utilisation, on parle de l’intégrité. Il y a le côté environnemental aussi qui est important de mentionner aux étudiants », explique le conseiller pédagogique en technologie éducative, Steve Chenel.
« Dès leur arrivée au cégep, on a une formation qui vise à les sensibiliser à l’intégrité intellectuelle, mais qui tient compte de l’ère de l’intelligence artificielle », précise Jérémie Pouliot.
La mission du Cégep demeure la même : former les professionnels de demain. Alors que l’IA s’impose sur le marché du travail, les étudiants doivent apprendre à l’utiliser avec discernement.