Gaspésie : couverture fragilisée en orthopédie
Publié le 28 janvier 2026 à 16:15, modifié le 28 janvier 2026 à 16:33
Par: Pierre-Marie Nicolas
Aucun orthopédiste n’était en poste en Gaspésie la fin de semaine dernière. Une première depuis 2006. Le départ récent d’un spécialiste à l’hôpital de Chandler fragilise la couverture régionale dans cette spécialité.
Lorsque aucun orthopédiste n’est disponible en région, le CISSS de la Gaspésie fait appel au Centre hospitalier universitaire de Québec. Le médecin de garde en Gaspésie consulte un orthopédiste à distance pour évaluer le cas. Quand la situation est grave, le patient est transféré à Québec, parfois par avion. Dans les cas moins urgents, il devra attendre le retour des spécialistes en région.
À Gaspé, Chandler et Maria, la couverture en orthopédie repose sur des mesures de dépannage. Les deux orthopédistes de la région ne peuvent pas assurer une garde une semaine sur deux.
Résultat : médecins visiteurs, spécialistes itinérants et gardes à distance sont mobilisés pour maintenir les services, mais l’organisation demeure fragile et varie d’une semaine à l’autre.
En Gaspésie, le problème dépasse l’épisode de la fin de semaine dernière. L’orthopédie est la spécialité la plus durement touchée par la pénurie.
« Le portrait global n’est pas si mal, mais l’orthopédie demeure notre plus grand problème, parce que 50 % de nos postes sont vacants. Il y a quelques postes vacants dans d’autres spécialités, mais pas au point de créer des ruptures de service. Par exemple, en psychiatrie, certains postes sont disponibles, mais la couverture est assurée », explique le directeur adjoint à la Direction des services professionnels, Jean-François Sénéchal.
Des démarches de recrutement se poursuivent auprès de médecins en pratique, de résidents et de diplômés formés à l’étranger. Le CISSS de la Gaspésie mise aussi sur l’accueil d’étudiants l’été afin de faire découvrir la pratique en région.
« On commence aussi avec des étudiants en médecine à faire des stages d’été. Donc, on ne sait pas encore quelle spécialité ces étudiants vont choisir. On les invite à faire un stage d’été chez nous. Ils vont apprendre qu’il y a de la bonne médecine qui peut se faire dans nos installations », ajoute-t-il.
Le recrutement d’un médecin spécialiste peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, après un premier contact.