Non-respect du panneau d’arrêt: les conducteurs mis à l’amende ont quadruplé
Publié le 27 janvier 2026 à 16:04, modifié le 28 janvier 2026 à 11:06
Par: Patrick Giguère
Les conducteurs qui omettent de s’immobiliser aux feux clignotants d’un autobus ont quadruplé en l’espace de quatre ans en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, mettant la sécurité des enfants en jeu. La région est l’une où l’on respecte le moins les signaux d’arrêt des autobus scolaires.
« Les premières années, on voyait passer des gens qui passaient sur nos lumières rouges sur la 132. Maintenant, on le voit sur les petites rues. Les gens ne sont vraiment pas respectueux de ç», lance d’emblée la chauffeuse d’autobus de Carleton-sur-Mer.
Martine Michaud transporte des écoliers depuis 26 ans.
Elle ne compte plus le nombre d’usagers de la route qui omettent de s’immobiliser lorsque les feux clignotants et le panneau d’arrêt de son autobus sont en fonction.
« Pis quand ce sont des gens qu’on connait et qu’on leur parle ils nous disent excuse moi j’étais dans ma bulle. Excuse-moi, mais quand tu es au volant il faut que tu sortes de ta bulle », indique la conductrice.
À chaque rentrée scolaire, elle prend la peine de rappeler à ses passagers de redoubler de vigilance lorsqu’ils doivent traverser une rue.
« On leur dit : ferme ton cellulaire ou enlève tes écouteurs. Quand tu regardes ton téléphone, tu ne vois pas si la voiture va s’arrêter avant que tu traverses. » « Moi, personnellement, j’ai déjà été obligée de klaxonner des adolescents qui traversaient la rue, parce que je voyais clairement que la voiture devant moi n’allait pas s’arrêter. »
Avec un champ de vision plus élevé que la plupart des véhicules, elle peut observer d’autres infractions flagrantes au Code de la sécurité routière.
« Il y en a beaucoup qui textent au volant. Ça, c’est impardonnable. C’est impardonnable parce que, le temps que tu as les yeux sur ton téléphone, tu n’as pas les yeux sur la route, malheureusement », soupire-t-elle.
Pour sa 38e campagne de sensibilisation, la Fédération de sécurité en transport scolaire a profité de l’occasion pour dévoiler le nombre de contraventions remises pour le non-respect du panneau d’arrêt des autobus.
« On revient souvent avec les mêmes thèmes. Cette année, on a voulu l’appuyer avec un élément qui a plus d’impact, alors on a réussi à mettre la main sur différentes statistiques qui ont été émises », fait savoir le président et directeur général de la Fédération de sécurité en transport scolaire, Luc Lachance.
En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, le nombre de constats remis aux contrevenants est passés de deux en 2020 à 10 en 2024.
« L’endroit où les enfants sont les plus vulnérables sont dans les zones scolaires, les intersections, et durant la montée et la descente de l’autobus », commente Frédéric Deshaies.
Ce porte-parole de la Sûreté du Québec rappelle que les fautifs s’exposent à une amende salée.
« Un automobiliste qui ne s’immobilise pas à cinq mètres du panneau, qui croise l’autobus ou le dépasse il s’expose à un constat d’infraction de 338 dollars et neuf points d’inaptitude », précise le policier.
Uniquement en 2024, plus de la moitié des infractions ont été commises par des conducteurs âgés de 25 à 44 ans, un groupe d’âge susceptible d’être parent.
« Ceux à qui j’ai la chance d’en parler, je leur dis souvent : “Écoute, réfléchis à ça : si c’était ton jeune, le jeune de ton frère ou un jeune que tu connais, qui veut traverser la rue et que tu risques de frapper… ça fait réfléchir.” Assez… je ne sais pas », laisse tomber Martine.
Selon la Fédération des transporteurs par autobus, trois écoliers ont été mortellement impliqués dans un accident aux abords d’un autobus scolaire au cours des 18 dernières années, un triste rappel que la vigilance au volant peut sauver des vies.