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Les élus s’inquiètent des réductions de trajets en Gaspésie et de l’avenir de la RÉGÎM

Publié le 23 janvier 2026 à 19:26, modifié le 23 janvier 2026 à 19:26

Par: Patrick Giguère

Au lendemain de l’annonce de la diminution des services du transport collectif en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, des acteurs du milieu expriment leurs inquiétudes. Certains craignent pour l’avenir du service de transport, alors que d’autres parlent de retour en arrière.

« Je trouve que la RÉGÎM est une pièce importante pour la mobilité en région », indique le maire de Percé, Daniel Leboeuf.

Les réactions des élus n’ont pas tardé à la suite des ajustements apportés aux trajets du transport collectif, qui entreront en vigueur le 2 février prochain.

À partir de cette date, le nombre de trajets entre Chandler et Percé passera de cinq à trois par semaine.

À Murdochville, le service ne sera offert qu’une fois par semaine au lieu de deux.

« On est loin de tout. Pour les gens qui n’ont pas de véhicule, évidemment, ça réduit de près de 50 % leurs déplacements vers Gaspé. Évidemment, ça nous préoccupe. On va en discuter avec le conseil et voir quelles actions on peut poser », enchaîne le maire de Murdochville, Stéphane Gamache.

Il faudra également réserver sa place, plus particulièrement sur les fins de parcours.

« Si quelqu’un veut, par exemple, partir de Pointe-à-la-Croix vers Escuminac et qu’il n’a pas réservé, il se peut que le bus ne passe même pas », prévient le président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie Îles-de-la-Madeleine, Daniel Côté.

C’est le mois dernier que la RÉGÎM a appris qu’elle subirait une diminution importante de son financement dans le cadre du Programme de financement du transport collectif au Québec.

Les pertes sont estimées à 300 000 dollars, rétroactivement au 1er janvier 2025.

« On est inquiet pour la suite des choses. D’où le fait soit qu’on continue de couper les services, et qu’on perd de la clientèle. Soit qu’on augmente le prix des billets et on perd de la clientèle ou bien on va chercher de nouvelles sources de revenus», ajoute celui qui est aussi le maire de Gaspé et préfet de la MRC de La Côte-de-Gaspé.

« Je trouve ça dommage. Je trouve qu’il y a un manque de leadership à ce niveau-là, peut-être un manque de vision et d’orientation », déplore Pierre-Luc Arsenault.

Pour ce membre du comité pour le plan de mobilité active à la Ville de Chandler, il s’agit d’un recul important pour la région, alors qu’il faudrait plutôt encourager la population à utiliser cette offre de service.

« Pour voyager sur le territoire, étant donné les grandes distances, il faut un transport collectif, mais il faut qu’il soit efficace et abordable. Si les gens ont envie de délaisser la voiture, il faudrait mettre les bouchées doubles. Je pense qu’il y a beaucoup de travail de concertation à faire.»

La Régie reçoit une taxe sur le carburant afin de financer le transport collectif.

Or, ces revenus diminuent de façon constante, puisque l’électrification croissante des véhicules accentue cette tendance.

« Les revenus de la taxe sur l’essence diminuent constamment, car moins d’essence est consommée sur le territoire. C’est une bonne nouvelle pour l’environnement, mais une moins bonne pour le transport collectif », note M. Côté.

Seule option à court terme : imposer aux contribuables la taxe d’immatriculation pour le transport collectif.

« Je pense qu’il faut analyser toutes les solutions avec leurs avantages et désavantages, mais évidemment les citoyens ont déjà un fardeau fiscal significatif à tous les paliers de gouvernement Si on peut éviter cette voie la ça serait très bien », indique M. Gamache.

« Oui, je serais pour. Cela aiderait la RÉGÎM à maintenir ses services,à tout le moins », laisse savoir le maire de la Ville de Percé, qui souhaiterait que l’horaire du transport soit allongé les soirs et fins de semaine.

Selon nos informations, la perte de financement et les impacts sur la RÉGIM ont pris les députés caquistes de la région par surprise.

Ils auraient interpellé le ministère des Transports pour trouver une solution.

Quant au conseil d’administration de la RÉGIM doit se rencontrer le mois prochain pour statuer sur la suite des choses.