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Treize ans de pénitencier pour Simon Dufort-Chouinard. Le jeune homme a plaidé coupable jeudi à deux chefs d’homicide involontaire et à un chef de conduite dangereuse pour la collision qui a coûté la vie à Gabriel Noël et Dylan Samuel-Francoeur, en mai 2023 à Rivière-au-Renard.

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Leurre de 11 adolescentes : la poursuite veut le faire déclarer délinquant dangereux

Publié le 23 janvier 2026 à 11:20, modifié le 23 janvier 2026 à 11:30

Par: TVA Nouvelles

Le ministère public demande au tribunal de déclarer délinquant dangereux Jonathan Marceau-Moreau, cet homme de Rivière-du-Loup qui a reconnu avoir leurré plusieurs jeunes adolescentes sur internet pour obtenir des images intimes sous la menace.

La poursuite a déposé cette requête cette semaine au palais de justice de Montmagny.

Ce mécanisme est prévu pour les délinquants dont l’infraction constitue des sévices graves à la personne et qui présentent un risque de récidive important. Il peut conduire à des peines plus sévères ou à une surveillance accrue en société.

Le ministère public entend recommander une peine à durée indéterminée dans le cas de Marceau-Moreau.

«C’est la peine la plus élevée qui peut être demandée pour un délinquant dangereux», explique Me Camille Bernier, procureure de la Couronne.

11 victimes

Le prédateur du web a reconnu en février 2025 sa culpabilité à une quarantaine d’accusations, notamment de leurre, de transmission de matériel sexuellement explicite, d’incitation à des contacts sexuels, de harcèlement criminel et d’extorsion.

En tout, 11 victimes ont été identifiées, la plus jeune ayant à peine 11 ans. Les faits ont eu lieu entre l’automne 2021 et son arrestation en octobre 2023.

L’homme maintenant âgé de 33 ans établissait un contact avec ses proies sur les réseaux sociaux. Il instaurait ce qui pouvait ressembler à une relation amoureuse à distance, mais finissait par demander du matériel sexuellement explicite et utilisait la menace pour maintenir un lien avec les victimes.

«On a fait la demande de la production de deux rapports, un rapport présentenciel et un rapport d’évaluation à volet sexologique […]. Ces deux rapports ont statué à un risque très élevé de récidive», précise Me Bernier.

Une évaluation à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel a ensuite été produite.

Notons que la défense a la possibilité de contester cette requête et d’y opposer sa propre contre-expertise.

L’avocat de Marceau-Moreau, Me Pierre Gagnon, a confirmé être toujours à la recherche d’un expert pour «avoir une seconde opinion», lors d’un passage de son client à la cour mercredi.

Il reviendra au juge Sébastien Proulx de déterminer si Jonathan Marceau-Moreau doit être déclaré délinquant dangereux ainsi que la peine appropriée.

Victime «dans un sens»

Rappelons que dans des déclarations faites aux enquêteurs pendant les procédures, Marceau-Moreau semblait se victimiser.

«On est dégueulasse parce qu’on mate des filles de même, mais les parents sont où», disait-il entre autres.

«Je ne suis pas une victime, mais pareil dans un sens […]. C’est moi qui mange la marde», lançait-il.

Les observations sur la peine se tiendront à une date ultérieure.

Un texte de Dominique Lelièvre du Journal de Québec