Nouveau-Brunswick : une solution à l’étude pour désengorger les urgences
Publié le 15 janvier 2026 à 17:10, modifié le 15 janvier 2026 à 17:11
Par: Pierre-Marie Nicolas
Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick souhaite réduire les temps d’attente à l’urgence. Pour y parvenir, il s’intéresse à une solution testée en Ontario, qui permet aux patients non urgents d’attendre à l’extérieur de l’hôpital.
Dans plusieurs hôpitaux, comme ailleurs au pays, les patients doivent attendre de longues heures avant d’être vus, surtout pour des cas non urgents. Cette situation crée de la frustration, augmente la pression sur le personnel soignant et complique l’accès aux soins. Dans cette histoire, personne n’est gagnant-gagnant. C’est pourquoi le gouvernement cherche des solutions pour améliorer la situation.
Les temps d’attente se multiplient dans les hôpitaux du Nouveau-Brunswick. À Campbellton, le temps de séjour est estimé entre 5 et 12 heures selon les données les plus récentes. Une situation qui touche plus largement la province.
Pour y faire face, le ministre de la Santé, John Dornan, s’intéresse à un projet pilote mis en place à l’hôpital de Sault-Sainte-Marie, en Ontario.
L’objectif de ce projet est double : améliorer l’expérience des patients et réduire la congestion dans les salles d’attente.
Les patients dont l’état n’est pas jugé urgent peuvent quitter la salle d’attente après leur évaluation initiale. Ils reçoivent ensuite des messages textes toutes les heures pour connaître leur position dans la file, puis un avis leur indiquant le moment de revenir à l’hôpital.
Plusieurs citoyens se disent favorables à cette idée.
« C’est vraiment bon, ça. Moi, je n’ai rien contre ça. Il faut qu’ils fassent quelque chose, parce qu’il y a du monde qui attend à l’hôpital 12, puis 15 heures. Ça serait bon, oui », affirme un citoyen.
« Ça serait la meilleure manière. Attendre la 11 heures ou attendre chez vous, laissez-moi à la maison. Je vais faire quelque chose chez nous. Je pense que ça serait une bonne idée », soutient un usager.
« C’est une bonne idée, ça vaut la peine d’essayer. Il faut l’essayer avant de dire que ce n’est pas bon », estime une citoyenne.
Certains demeurent toutefois plus prudents.
« Ça peut être une bonne solution, mais ils peuvent t’envoyer à la maison mourir aussi », nuance un citoyen.
Du côté de son voisin québécois, la situation aux urgences est similaire. En décembre dernier, l’hôpital de Maria avait atteint un taux d’occupation de 150 %, et les temps d’attente étaient fortement rallongés.
Cependant, une solution similaire existe déjà pour réduire la congestion dans les salles d’attente au Québec.
« L’application dont je vous parlais à Sacré-Cœur et à Jean-Talon, c’est un autre médecin québécois qui a inventé ça. La minute où vous êtes triés, vous recevez sur votre texto là où vous pouvez être soigné dans les prochaines heures, dans les prochains jours, pour le mal précis qui vous afflige. Sans avoir à attendre à l’urgence. Mais ça non plus, ce n’est pas appliqué, parce que c’est un médecin québécois qui a inventé. On a horreur des inventions québécoises, on aime mieux quand ça vient d’ailleurs », déplore le président du conseil pour la protection des malades, Paul Brunet.
Selon lui, le principal frein à une implantation à l’échelle provinciale demeure le ministère de la Santé.
« C’est tellement le ministère, c’est malheureux, parce que de multiples inventions existent déjà. Pendant ce temps-là, des centaines de milliers de patients attendent inutilement », ajoute-t-il.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit maintenant déterminer si cette approche sera testée dans la province. Au Québec, malgré l’existence de solutions, leur application reste limitée.