Phase 2 des permis exploratoires: « on dépend tous de ce permis-là pour vivre. »
Publié le 9 décembre 2025 à 18:07, modifié le 10 décembre 2025 à 10:49
Par: Patrick Giguère
À l’approche de la prochaine saison de pêche au homard, le député Alexis Deschênes presse le ministère des Pêches et des Océans de clarifier rapidement si la phase 2 des permis exploratoires sera lancée en 2026. Il soutient que l’incertitude actuelle complique la préparation des pêcheurs concernés.
« Dans votre processus décisionnel, à quel moment la décision d’ouvrir une phase 2 ou non sera prise en vue de la saison 2026 ? »
C’était en octobre dernier, alors que le député Alexis Deschênes avait profité de sa présence devant le comité permanent des pêches pour questionner la sous-ministre à ce sujet.
« On fait de notre mieux. On est conscient des besoins du secteur», avait répondu Annette Gibbons.
Deux mois plus tard, alors que la première phase exploratoire est terminée depuis fort longtemps, les données de récolte et scientifiques ne sont toujours pas disponibles.
« Ça toujours été clair de la part du MPO que la phase deux serait ouverte ultérieurement, mais il n’y avait pas de date de précisée. Essentiellement, aujourd’hui, j’interviens en disant que le ministère des Pêches doit donner l’heure juste aux pêcheurs », réclame . M.Deschênes.
« On dépend tous de ce permis-là pour vivre. Ces gars-là n’ont plus de turbot, et moi, je n’ai plus de crevettes », laisse tomber Nicolas Chouinard.
Le résident de Saint-Ulric fait partie des douze pêcheurs retenus pour la phase 2 du projet exploratoire, qui couvre la zone allant de Cap-des-Rosiers à Rimouski.
Père de quatre enfants, il a été sélectionné parce qu’il est directement touché par le déclin de la ressource : il a perdu près de 80 % de ses revenus issus de la pêche à la crevette.
Il attend donc impatiemment une décision du gouvernement fédéral afin de pouvoir rembourser ses prêts et subvenir aux besoins de sa famille.
« Il faudrait savoir où on s’en va. Là, on avance, mais on est dans l’inconnu : on ne sait pas comment s’enligner.»
Et le temps presse rappelle le capitaine-propriétaire.
« Pour la pêche au homard, ça prend des casiers à homard avec de la corde, une baloune, et d’autres équipements que j’oublie. Ça prend aussi un bateau qui est adéquat pour la pêche au homard », indique celui qui oeuvre dans le milieu depuis 25 ans.
« Je trouve ça bien que le député Deschênes se préoccupe du sort des pêcheurs pour la deuxième phase. J’aurais peut-être aimé connaître son opinion sur le sujet : est-ce que la deuxième phase doit avoir lieu ou non », soulève Claudio Bernatchez, le directeur général de l’Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie.
Le député bloquiste n’a pas voulu se prononcer sur cette question. Il affirme que les captures étaient au rendez-vous lors de la première phase et que la décision finale revient à Pêches et Océans.