Chandler: une marche symbolique pour dénoncer le trou noir
Publié le 17 décembre 2025 à 17:12, modifié le 17 décembre 2025 à 17:13
Par: Patrick Giguère
Une cinquantaine de personnes ont pris part à une marche symbolique ce midi à Chandler pour exprimer leur exaspération face au trou noir de l’assurance-emploi. Encore cette année, plusieurs chômeurs de la région seront privés de revenus.
« On fait vingt semaines pour avoir le chômage, mais on ne fait pas le tour. On recommence à travailler au mois de mai, mais au mois de février ou mars, on n’a plus de chômage », déplore Marie-France Moreau.
Cette travailleuse d’une usine de transformation fait partie de ceux et celles qui ont marché mercredi pour réclamer des mesures concrètes pour abolir le trou noir.
Comme des centaines d’autres, elle devra se serrer la ceinture pour passer à travers des mois plus difficiles.
La campagne est sous le thème : Un sou noir pour régler le trou noir. Selon l’Alliance Interprovinciale face aux aberrations de l’assurance-emploi, le problème pourrait se résoudre en percevant un sou noir de cotisation additionnelle pour chaque tranche de cent dollars versés en salaire.
« Le sou en cent réglerait la problématique. Alors aujourd’hui, des sous noirs, pour que nous puissions aller les porter à Ottawa et leur dire : un sou noir, ça réglerait le problème », croit Nadia Mongeon, la coordonnatrice du Mouvement action chômage Gaspésie-Les-Îles-de-la-Madeleine.
« Il faut que les choses changent. Si nous voulons préserver notre région, il faut apporter du positif et éviter qu’elle ne devienne une cible », lâche Yves Blais, un retraité venu marcher en guise de solidarité.
Au moment présent, il faut travailler 630 heures pour réussir à toucher 17 semaines de prestations.
« L’an passé, je l’ai vécu. J’ai été un ou deux mois sans revenu et ça n’a pas été drôle. (…) Heureusement, je ne suis pas trop dépensier, j’avais fait des économies et j’ai pu passer au travers », révèle Mathieu Cyr.
Le député fédéral de la région tenait à faire partie de ce rassemblement pour soutenir les travailleurs saisonniers.
« Il faut vraiment que ça change. Pour moi, c’est naturel d’être avec eux. Mon rôle ensuite, c’est d’aller porter leur voix à Ottawa, pour que les membres du gouvernement libéral entendent enfin l’histoire de ces gens », indique Alexis Deschênes qui a rappelé au passage que le Bloc québécois soutenait tous les chômeurs présents.
« Ça n’a pas l’air d’être parti. On ne sent pas qu’il y a une volonté de faire une réforme. Nous, dans l’immédiat, ce que l’on leur demande, c’est d’avoir quinze semaines de projet pilote au lieu des cinq semaines qu’on a depuis un bout », réclame Nadia Mongeon.
La coordonnatrice du Mouvement action chômage de la région se rendra à Ottawa au printemps prochain, prête à remettre les fameux sous noirs aux dirigeants du pays. Elle espère que la cagnotte sera assez lourde pour faire pencher la balance en faveur des travailleurs.