Sauvetage des caribous : l’inaction du gouvernement critiquée
Publié le 8 décembre 2025 à 15:37, modifié le 8 décembre 2025 à 15:58
Le quotidien La Presse révélait il y a quelques jours qu’en 2023, le gouvernement du Québec était sur le point d’adopter une stratégie de protection du caribou. Une quinzaine d’aires protégées étaient prévues. Deux ans plus tard, on ne compte que deux projets pilotes et le plan se fait toujours attendre.
Alors que la stratégie de protection du caribou est revenue à l’état de brouillon, les spécialistes en conservation de la nature se désolent d’apprendre que le gouvernement a reculé alors qu’il était si près du but.
« En ce moment, tout le monde est perdant. Le caribou continue de décliner, les régions continuent aussi d’être dans l’incertitude et il n’y a personne qui y gagne, alors que nous, ce qu’on dit, c’est qu’il y a possibilité d’avoir des solutions gagnantes-gagnantes », affirme Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.
Des documents d’échanges entre le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs et celui des Ressources naturelles et des Forêts laissent penser que ce dernier aurait fait obstruction au projet.
Pier-Olivier Boudreault, directeur de la conservation à la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec, mentionne qu’on « est passé de quinze à deux aires protégées. Donc clairement en quelque part, et les documents le montrent bien, le ministère des Forêts, ils mettent tous les obstacles, ils mettent toutes les restrictions possibles pour la création d’aires protégées. On ne sent pas un esprit de collaboration derrière tout ça. »
Et pourtant, des mesures de compensation pour les pertes dans l’industrie forestière étaient prévues.
« De savoir que ces mesures là existent, c’est vraiment une nouveauté et ça nous permet de voir qu’il y a quand même des solutions qui sont mises en place, puis qui pourraient permettre de protéger les emplois dans les régions touchées par une stratégie caribou », remarque Alice-Anne Simard.
Dans Charlevoix, une quarantaine de caribous vivent toujours en enclos, une mesure jugée adéquate, mais extrême, et qui ne peut pas s’étirer dans le temps.
« Il faut avoir un plan pour remettre ces caribous-là dans la nature, c’est vraiment nécessaire. Déjà, c’est des coûts très élevés : la construction des enclos, il y a des vétérinaires qui sont là, puis des surveillants qui sont là à longueur de journée. Donc la solution en fait, c’est qu’il faut rétablir l’habitat du caribou de Charlevoix », indique Pier-Olivier Boudreault.
Avec l’arrivée il y a trois mois de nouveaux ministres aux deux ministères concernés, les organismes de conservation sont prêts à laisser la chance aux coureurs et assurent qu’ils seront là pour collaborer.