Un an plus tard: l’immigration est toujours essentielle aux Îles-de-la-Madeleine
Publié le 28 novembre 2025 à 05:22, modifié le 28 novembre 2025 à 05:24
Par: Patrick Giguère
Ça fait maintenant un an que les centres de la petite enfance des Îles-de-la-Madeleine peuvent compter sur l’expertise de sept employées issues de l’immigration pour combler des postes d’éducatrices. Leur arrivée est l’aboutissement d’une démarche longue et complexe, mais qui, selon l’une des directrices, en valait largement la peine.
« Ça fait un an que je suis ici au CPE La Ramée », dit Rima Boughzou.
C’est le 26 novembre 2024 que Rima a entamé sa première journée de travail au centre de la petite enfance de l’archipel. Mère d’une fille de 10 ans, elle est loin de sa Tunisie natale, mais cette aventure, elle ne la regrette aucunement, malgré la distance qui la sépare de ses proches.
« Je ne me suis jamais sentie comme une Tunisienne. J’ai une amie qui m’a dit toi Rima tu es Tunimadelinienne tellement je suis bien intégrée. Quand je demande de l’aide, tout le monde peut t’aider. »
La Tunisienne n’hésite pas à s’exprimer dans sa langue maternelle et à partager sa culture, tant avec ses collègues qu’avec les résidents de l’archipel, notamment à travers ses talents culinaires.
« On partage de la nourriture avec la municipalité lors d’événements : on prépare des plats tunisiens, et il y a aussi des participants marocains. Je trouve ça vraiment bien. Au CPE, quand je parle avec d’autres Tunisiennes, on me demande souvent : “Qu’est-ce que tu dis ? Traduis-moi !” »
« Avant leur arrivée, on a commencé à tisser des liens depuis la Tunisie et ici aux Îles. On a beaucoup de partenaires ici qui se sont impliqués », rappelle Sylvie Bourgeois, la directrice générale du CPE La Ramée.
Parmi 80 candidates, Rima faisait partie des quatre retenues au CPE La Ramée de Gros-Cap.
Ces renforts ont permis de donner la chance à une vingtaine de tout-petits d’obtenir une place en service de garde.
« C’est essentiel. Même aujourd’hui, nous sommes encore en recrutement : il nous manque huit éducatrices pour ouvrir à pleine capacité », indique Mme Bourgeois.
Embaucher des personnes à l’international représente une logistique importante, des coûts et de nombreuses démarches administratives et gouvernementales.
C’est, entre autres, la raison pour laquelle le CPE La Marinière, à Paspébiac, a écarté cette option.
« On est de petites communautés. Le bouche-à-oreille c’est ce qui fonctionne le mieux, donc on va afficher, faire des publications sur les réseaux, ce sont des moyens entrepris », énumère Sarah-Ève Gaudreault.
« C’est certain que c’est une des solutions qui, je pense, est profitable et qui est nécessaire pour l’avenir du réseau. Je sais que les règles ont beaucoup changé… », souligne Sylvie Bourgeois.
La Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine s’est vue remettre en septembre dernier le Prix Leadership municipal de la Fédération québécoise des municipalités pour ce projet de recrutement international, à la fois inspirant et structurant.