Vivre dans l’incertitude, en raison du resserrement des règles d’immigration
Publié le 24 novembre 2025 à 16:45, modifié le 24 novembre 2025 à 16:48
Par: Catherine Pellerin
Le resserrement des différentes règles d’immigration de Québec et d’Ottawa continue de susciter beaucoup d’inquiétudes. Depuis des mois, des employeurs de nos régions dénoncent devoir se départir de plusieurs travailleurs étrangers. Une famille du Témiscouata déplore aussi vivre dans l’incertitude, comme plusieurs.
« On est dans l’espoir qu’il va y avoir un nouveau changement, plus positif cette fois, mais jusque-là, non. Les portes se referment à chaque fois », constate Élodie Roche.
« On contribue au Québec et on veut que ça dure. On reste toujours dans l’incertitude, on ne sait jamais si on va pouvoir rester ou pas », ajoute son conjoint, Christophe.
Le couple et leurs deux enfants ont tout laissé derrière eux, en France, pour se construire une vie au Témiscouata. Ils sont arrivés en juillet 2023, avec seulement quelques bagages.
« À peine cinq mois après qu’on ait mis les pieds sur le territoire québécois, les règles ont commencé à changer pour les permis temporaires, pour la résidence permanente. Ça fait deux ans et demi qu’on est ballotté et qu’on est dans l’incertitude pour la suite », témoigne Élodie.
La famille est bien intégrée dans son milieu. Le papa, qui est retourné aux études, travaille pour une entreprise acéricole. La maman a également un bon emploi, dans une petite épicerie écologique.
Ils sont soutenus par leurs employeurs et par leurs amis, qui sont également inquiets.
« On entend les paroles du premier ministre. On correspond à l’immigration qu’il souhaite encourager, notamment en région. On est clairement là où il a besoin d’immigrants, et pourtant on n’a aucune certitude et aucune sérénité », déplore la mère de famille.
Ils doivent constamment remplir des formulaires et de nouvelles exigences, pour espérer pouvoir rester.
« En cours d’études, on m’a demandé de passer un test de français pour faire la demande de post diplôme. Je trouvais ça un peu aberrant, venant de France. On vit en France, on parle français! », mentionne Christophe.
L’abolition du Programme de l’expérience québécoise, qui permettait d’accéder à la résidence permanente, fait notamment vivement réagir. Comme des milliers de nouveaux arrivants, ils ont signé une pétition qui demande à Québec de mettre en place une clause de droits acquis, soit une clause « grand-père », concernant le PEQ.
« C’est un respect, en fait, de ces familles, en leur accordant le fait que les règles avec lesquelles elles ont immigrés soient toujours respectées », explique Élodie.
Un jour à la fois
Pour l’instant, ils doivent répéter à leurs enfants qu’ils ne savent pas combien de temps ils seront là.
« Pour le moment, on ne leur dit pas qu’on risque de rentrer. On est toujours dans l’espoir et on reste positif », affirme la maman.
Malgré le stress, pas question présentement de vouloir quitter leur pays d’adoption. « Moi, je n’aimerais pas partir, parce que je vais perdre encore mes amis, qui vont me manquer. Mais je retrouverai mes anciens amis si on retourne en France », lance la petite Alizée, 7 ans.