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Santé publique : hausse des décès par surdose en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

Publié le 9 septembre 2025 à 16:25, modifié le 9 septembre 2025 à 17:03

Par: Félix Côté

Les surdoses mortelles reliées aux drogues ont augmenté en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine depuis 3 ans. Le nombre de décès a même doublé comparativement aux trois années précédentes, selon les chiffres de la Santé publique.

La crise des opioïdes a toujours été présente, mais depuis quelques années elle gagne du terrain. Depuis 2019, on recense 43 décès reliés à la consommation de drogues, incluant les opioïdes, en Gaspésie.

« Il y a la contamination des substances, le fait que les drogues soient plus toxiques. Le mélange de substances alors le fait de prendre plusieurs substances à la fois. Puis, l’augmentation des personnes qui consomme seule », explique l’agente de planification, Direction de la santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Sophie Arseneault.

Les consommateurs n’ont pas de profil typique contrairement à certains stéréotypes.

« En fait, ça peut être un peu n’importe qui. Personne n’est à l’abri de développer un trouble de dépendance. En vrai que ce soit une femme, un homme, un jeune ou plus âgé, il n’y a pas de visage à la consommation en tant que tel », affirme la directrice de l’organisme Mi-chemin de Gaspé, Samuelle Boulet-Ste-Croix.

Certains opioïdes sont prescrits avec un dosage spécifique, pour s’assurer de la sécurité de l’utilisateur.  Or, les produits de contrebande comportent des risques plus importants.

« Quelque chose qui n’est pas prescrit nécessairement, les risques de surdose sont plus gros. Mais, on en retrouve aussi de plus en plus dans certaines drogues parce qu’elles sont extrêmement coupées et plus une drogue est loin du point de départ plus elle sera coupée puisqu’elle passe dans les mains de plusieurs personnes. Plus la drogue est coupée, plus il y a de risque qu’on y retrouve des opioïdes », précise l’intervenante de Mi-chemin, Laurie-Anne Lapointe.

La meilleure façon de lutter en prévention, c’est de lutter contre les tabous et la stigmatisation. Plus on en parle, plus on est prêt à aider et agir selon l’organisme de lutte aux dépendances Mi-Chemin.

« On offre aussi de l’aide aux proches. Donc si quelqu’un s’inquiète de la consommation de leurs proches, ils peuvent venir nous voir poser la question et savoir comment ils peuvent aider. On est disponible pour ça aussi », ajoute Mme Boulet-Ste-Croix.

Les organismes offrent aussi des formations pour agir en cas de surdose. La naloxone n’est pas un remède, mais elle sauve des vies de façon temporaire avant l’arrivée des services d’urgence.

« Oui, ça peut renverser les effets d’une surdose aux opioïdes, mais seulement pour une durée limitée. C’est pour ça que c’est super important d’appeler les services d’urgence à partir du moment où on suspecte qu’il y a une surdose aux opioïdes », poursuit l’ intervenante de Mi-Chemin, Amy Barriault.

En Gaspésie, on compte maintenant en moyenne 8 décès par surdose chaque année. Les traces de consommation sont de plus en plus visibles, même si le problème des opioïdes est présent depuis longtemps.