Nouveau-Brunswick : davantage de terres publiques attitrées aux bleuets ?
Publié le 7 août 2025 à 17:03, modifié le 7 août 2025 à 17:03
Par: Alex Delcourt
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick laisse entrevoir une possibilité de donner davantage de terres publiques pour la culture du bleuet. Cette idée n’enchante pas certains dans la Péninsule acadienne qui ont des craintes pour l’environnement.
Selon un document obtenu par Radio-Canada, le ministère de l’Agriculture évaluerait la possibilité d’octroyer davantage de terres publiques aux producteurs de bleuets. Il ne serait toutefois pas spécifié quelles terres sont visées par cette idée. Tout de même, cela inquiète certains acteurs locaux.
« On n’a pas l’air de comprendre qu’on est en train peut-être de ruiner l’habitat, nos cours d’eau, notre eau potable, notre environnement au complet. » – Gilles Sonier, vice-président de la Zone Nord-Est de la Fédération de la Faune du Nouveau-Brunswick
Selon lui, les pesticides utilisés dans la culture du bleuet ont des effets néfastes sur l’environnement. Gilles Sonier croit que la province a donné assez de terrains pour des bleuetières.
« Là ce que je vous dis, personnellement, moi je vous dis qu’il y en a assez déjà. On est saturé. C’est sûr qu’il y a d’autres terrains. Il y a des terrains privés. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec. Il n’y a rien qu’on peut faire pour ça. » – Gilles Sonier, vice-président de la Zone Nord-Est de la Fédération de la Faune du Nouveau-Brunswick
Depuis maintenant plusieurs années, le gouvernement provincial et certains militants ne voient pas du même œil l’utilisation de l’ancien camp militaire et surtout l’exploitation des terres pour en faire des champs de bleuets. Gilles Sonier craint que les relations entre les opposants et les cultivateurs de bleuets s’animent.
« Je pense que le moment est très mal choisi pour faire une annonce comme ça. Parce que la production, la récolte s’en viens. Tu vas avoir plein de producteurs, de personnes qui ramassent le bleuet. Il risque d’y avoir des personnes qui veulent mettre du bois dans les roues ou qui sont fâchées. Ce n’est pas une bonne situation. Je n’aime pas ça du tout. » – Gilles Sonier, vice-président de la Zone Nord-Est de la Fédération de la Faune du Nouveau-Brunswick
Gilles Sonier nous a amenés à la frontière entre l’ancien champ de tir et les autres terres de la couronne. Une route sépare les deux terrains, mais la présence de champs en préparation pour accueillir les bleuets et la forêt offre un contraste, selon lui. Il espère que le territoire de l’ancien camp militaire ne deviendra pas un champ de bleuet géant.