Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Traitement d’hémodialyse: des Madeliniennes ont leur vie sur pause

Publié le 28 juillet 2025 à 16:56, modifié le 28 juillet 2025 à 17:04

Par: Leo Hudon

Des Madeliniennes ont dû déménager temporairement à Québec pour recevoir des soins de santé. Le traitement médical en question, l’hémodialyse, est habituellement offert sur l’archipel. Ce traitement pour des personnes qui sont malades des reins pourrait être disponible plus près du domicile des patientes, mais il manque du personnel soignant au CISSS des Îles

L’enseignante Murielle Chevarie a l’impression que sa vie est sur pause depuis qu’elle doit résider à Québec depuis juin dernier. « Mon quotidien il est en pause, c’est une pause obligée. Je suis partie des Îles le 7 juin en pensant que je serais ici peut-être une semaine, 10 jours. […] En dehors de mes traitements ma vie comme normale, mais c’est pas normal, parce que je travaille pas, je suis pas avec mon chum », raconte-t-elle.

C’est la deuxième fois que la femme originaire de Fatima doit être traitée à l’Hôtel-Dieu de Québec. La première fois était l’hiver dernier, où elle y avait passé un bon bout de temps. « Je suis chanceuse dans ma malchance, parce que je suis hébergée chez des gens que je connais fait que je passe pas mon temps toute seule, en dehors de l’hôpital. Dans le sens que si je voyais juste des gens de l’hôpital, j’aurais pas le moral que j’ai là, on s’entend. […] C’est des gens qui sont disponibles, qui peuvent me conduire, qui peuvent venir me chercher, fait que ça, ça enlève le stress », précise Mme Chevarie.

Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Camille Miousse doit rester à Québec pour subir les mêmes traitements, mais elle sous-loue un appartement étudiant depuis juillet. « Ce qui est le plus difficile dans la situation, pour moi c’est vraiment l’incertitude quand est-ce que je vais pouvoir rentrer à la maison. Puis aussi toute la charge mentale qui vient avec devoir, justement envoyer un cri du cœur », confie-t-elle.

La jeune femme se sent négligée par le système de santé et elle a hâte que sa vie ne soit plus mise sur pause. Pour l’instant, Camille Miousse devrait pouvoir recevoir le traitement chez elle en septembre. « Au départ, on nous a pas dit septembre. On nous avait dit la mi-août. Puis j’ai appris dans la presse, dans les médias que soudainement on disait : “Non non non, on n’a pas dit ça, ça va aller en septembre.” Tu sais, il n’y a pas eu d’appel de courtoisie », explique la patiente.

Les deux Madeliniennes sont reconnaissantes de pouvoir être soignées, mais elles se demandent pourquoi elles doivent être si loin de chez elles alors que les soins sont censés être disponibles sur place. C’est aussi la question que se pose le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau. « Pourquoi est-ce que c’est qu’on a deux catégories de citoyens au Québec? Celle qui a un service à proximité de leur résidence, puis qui n’est pas capable de fournir. Puis en centre urbain, comme par hasard, bien des services pour tout le monde. »

Le CISSS des Îles a expliqué par courriel qu’il est difficile de traiter tout le monde étant donné le manque de main-d’œuvre actuel dans ce secteur. Une formation au CHU de Québec est nécessaire, ce qui ralentit aussi le processus.