Cimenterie McInnis : Une ordonnance force la cimenterie à réduire ses émissions
Publié le 19 septembre 2022 à 17:26, modifié le 19 septembre 2022 à 17:26
Par: Félix Côté
La cimenterie McInnis de Port-Daniel Gascon est dans la ligne de mire du ministère de l’Environnement. Une ordonnance qui vise la réduction d’émission de poussières dans l’environnement lui a été acheminée, et les citoyens en ont long à dire.
« Il est probablement temps puisque ce n’est pas bon pour notre santé on a toujours de quoi dans la gorge. »
Après autant d’année de contamination, de cris du cœur de la population, de manque de transparence de la part de la cimenterie de Port-Daniel Gascon, le ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques fait un pas en avant. En vertu de Loi sur la qualité de l’environnement, la direction de l’usine devra se conformer aux normes du Règlement de l’assainissement de l’atmosphère (RAA), mais pour la population, c’est trop peu, trop tard.
« Il est temps qu’il fasse quelque chose parce que tout le monde, la menace qui règne ici, ils vont partir. Moi, ça fait quatre mois que je suis ici, souvent je pogne des extinctions de voix. »
« À moment donné, il y en a un qui a dit on pourrait peut-être se réunir ensemble, mais voyons dont, on n’est pas des spécialistes, je pense que c’est le rôle de l’environnement de mettre ses culottes et de s’arranger avec ça. »
L’entreprise St Marys Cement inc. devra mandater un évaluateur indépendant reconnu par le ministère.
« Il va faire la réalisation d’une évaluation du bon fonctionnement de tous les équipements d’épuration de l’air , il va aussi proposer des mesures et modalités d’exploitation de l’usine pour faire cesser de façon permanente l’émission de poussière et autres contaminants atmosphériques au-delà des normes de l’exploitation ».
– Mylène Delorme directrice régionale, Contrôle environnemental Bas-St-Laurent Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
L’usine devra respecter des délais pour le contrôle des poussières. Le premier rapport sur les 5 principaux dépoussiéreurs devra être rendu au plus tard le 31 mai 2023. Et un autre 120 jours plus tard sur le reste de tous les équipements. Le ministère n’exclut pas que des indemnisations puissent être ordonnées par la justice.
« Au terme de ses enquêtes, il y aura des recommandations qui pourront être faites et on pourra voir si on peut enclencher des poursuites pénales pour les infractions qu’il y a eu sur la loi de la qualité de l’environnement », avance la directrice régionale du contrôle de l’environnement du Bas-St-Laurent, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.
De son côté la cimenterie tente de chercher des solutions durables et efficaces pour prévenir et améliorer les processus. Le lien de confiance avec la population est toutefois rompu depuis longtemps.
Pour le ministère, c’est mieux vaut tard que jamais. Pour le citoyen c’est trop peu trop tard. Pour ce qui est du reste, l’enquête pénale présentement en cours nous le dira. Chose certaine, le passer ne pourra pas s’effacer en nettoyant des maisons.