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Une canne au goût amer : un cri d’alarme pour les érablières en forêt publique 

Publié le 2 décembre 2024 à 17:42, modifié le 3 décembre 2024 à 16:00

Par: CIMTCHAU

Pour la première fois dans l’histoire, la célèbre boîte de conserve de sirop d’érable à une nouvelle image. Fini l’érablière prospère ; elle montre désormais une forêt dévastée par les coupes forestières. En guise de protestation, ces boîtes, remplies de copeaux de bois au lieu de sirop, seront envoyées aux députés de la CAQ.

Une industrie menacée 

Selon Joël Vaudeville, directeur des communications des Producteurs acéricoles, la situation est critique :

« De toutes les régions du Québec, le Bas-Saint-Laurent, c’est celle qui compte le plus d’entreprises acéricoles en forêt publique. »

Selon le syndicat, le gouvernement ne réserve pas assez de terres pour permettre à l’acériculture de se développer au Bas-Saint-Laurent. L’industrie forestière, qui coupe les meilleurs érables pour le bois, ralentit les nouveaux projets. En plus, les retards administratifs et le manque de vision menacent l’avenir d’une filière qui dépend d’érables matures après 50 ans.

Un appel à une meilleure gestion forestière


Roberto Landry, propriétaire d’une érablière depuis près de 40 ans, critique les décisions du gouvernement provincial :

« Ils disent qu’on veut avoir la forêt à nous autres seuls. C’est des menteries ! »

Pour lui, une meilleure gestion forestière est essentielle pour assurer la pérennité de l’industrie, autant dans le domaine acéricole que dans la foresterie. 

L’acériculture, un fleuron négligé


Selon les Producteurs acéricoles, l’acériculture est une activité sept fois plus rentable par hectare que les coupes forestières. Pourtant, ils déplorent que le gouvernement ne soutienne pas cette industrie cruciale pour l’économie québécoise.

« L’acériculture, ça coûte zéro dollar au gouvernement. Nous, on contribue au PIB de manière épouvantable », affirme Roberto Landry.

Joël Vaudeville ajoute :

« S’ils sont vraiment nationalistes, ils ne mettraient pas les bâtons dans les roues au sirop d’érable, un produit national des Québécois. »

Les PPAQ demandent 200 000 hectares protégés pour l’acériculture, dont 25 000 hectares à court terme, rappelant que les érables mettent 50 ans à atteindre leur maturité. Le message des producteurs est clair : « Pas de forêt, pas de sirop. »