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Un travailleur français de La Malbaie menacé de quitter le Québec

Publié le 22 mars 2019 à 12:39, modifié le 22 mars 2019 à 15:17

Par: CIMTCHAU

Le dépôt du projet de loi 9 par le gouvernement Legault, qui permettra au Québec d’être plus sélectif envers ses immigrants, sème la controverse à travers la province. 18 000 dossiers pourraient être jetés à la poubelle, alors qu’ils sont en attente de délivrance d’un certificat nécessaire à l’obtention du statut de résident permanent au Canada. Un travailleur français de La Malbaie vit cette situation. Dans 13 jours, son visa de travail sera expiré et il n’a aucune nouvelle du ministère de l’Immigration.

Cyril Minault a 33 ans. Il y a trois ans, il quittait la France pour venir s’installer dans Charlevoix. Mais le 4 avril prochain, son visa de travail sera expiré. Pourtant, il tente depuis longtemps d’obtenir son Certificat de sélection du Québec, un papier obligatoire pour devenir résident permanent canadien.

«J’ai fait une demande [en Programme Régulier de Travailleur Qualifié] il y a un peu plus de 18 mois. J’ai eu une demande d’envoi de documents supplémentaires au mois de mai 2018. Et c’est depuis que je n’ai plus aucune nouvelle», constate Cyril Minault.

Son emploi régulier lui a permis de refaire une demande de certificat, en février dernier, selon un processus beaucoup plus rapide, soit le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), traitable en 21 jours.

«Cette demande, je l’ai faite et j’ai zéro nouvelle. J’ai contacté le commissaire aux plaintes et on m’a dit de déposer une deuxième demande de PEQ directement par courriel cette fois-ci. Je l’ai envoyé au ministère le 20 février 2019. Et j’ai encore appelé, il y a deux jours, au ministère de l’Immigration, à Montréal, qui n’a aucune trace de cette demande que j’ai envoyée pourtant par courriel avec un accusé de réception. Ce n’est pas un oui, ce n’est pas un non. C’est de l’impuissance», admet-t-il.

Le problème, c’est que depuis que le gouvernement Legault a déposé son projet de loi 9, aucune décision n’est rendue concernant les demandes de Certificat de sélection du Québec.

«Ce projet de loi est allé à Ottawa et Ottawa l’a refusé. Maintenant ils vont être dans l’obligation de traiter ces dossiers mais on n’a aucun retour sur le délai de traitement. Ça peut être deux semaines, six mois, un an», ignore M. Minault.

Chose certaine, le gérant de l’Auberge de jeunesse de La Malbaie a adopté la région de Charlevoix.

«J’aime beaucoup le plein air. Ici on peut faire plein de choses l’été, plein de choses l’hiver. Les gens sont vraiment chaleureux. J’ai même eu des propositions d’adoption, même si c’est impossible, mais c’est assez rigolo.»

«Il a le cœur d’un Québécois. Il a le don de se faire aimer. Il a commencé à avoir ses expressions québécoises. Il fait beaucoup pour la région et je pense que c’est quelqu’un de grand, que le Québec n’a pas les moyens de perdre. Je trouve ça malheureux pour lui parce que comme tout le monde, il a un logement, l’électricité à payer», se désole son ami, René St-Yves.

Si rien ne change, dans 13 jours, Cyril Minault n’aura plus le droit de travailler au Québec, malgré que ce soit son désir le plus cher.

Reportage à suivre