Québec abandonne son programme Environnement-plage
Publié le 23 avril 2026 à 18:08, modifié le 23 avril 2026 à 18:19
Par: Patrick Giguère
Le gouvernement provincial met fin à son programme Environnement-Plage. Québec renvoie donc le travail dans la cour des organisme locaux en Gaspésie.
Après avoir mis un terme à l’échantillonnage de la qualité de l’eau dans les rivières, ce sont maintenant les plages qui passent au bistouri.
« On abolit un programme : ce sont des économies de bout de+ chandelle. Mais comme il ne reste presque plus que ça à couper au ministère, c’est là qu’ils font des compressions » , indique le directeur de la Fondation rivière, André Bélanger.
Environ 150 sites à travers la province participaient à ce programme volontaire qui permettait de suivre la qualité de l’eau, mais aussi de rassurer les baigneurs.
« C’était utile pour un camp de vacances : on pouvait dire aux parents qu’on était sous la supervision du ministère de l’Environnement et que la qualité de l’eau était très bonne. Ça permettait de bien communiquer et de rassurer les gens », ajoute M. Bélanger.
« C’est une charge supplémentaire, évidemment, parce que pour nous, l’année passée, c’était un jeune homme qui faisait les tests. C’était super : on savait que c’était bien fait. Pour la sécurité des jeunes aussi, c’était rassurant, et c’était le fun d’avoir une bonne cote » , partage la coordonnatrice aux opérations à la Base de plein air de Bellefeuille.
Dominique Giroux poursuivra les analyses malgré tout, même si elle reconnaît ne pas avoir la même expertise.
« Ce qui est délicat dans la procédure, c’est de la faire correctement, parce qu’il faut prélever des échantillons à différents endroits du lac. Il faut aussi qu’ils soient réfrigérés. Je ne sais pas si c’est envoyé directement à Rimouski, mais il faut que ce soit bien fait pour éviter que l’échantillonnage arrive contaminé. »
« Là, il va falloir se fier aux gestionnaires de la plage, et ça va occasionner un déficit de confiance dans la population » , enchaîne M. Bélanger.
L’Association pour la santé publique du Québec s’inquiète et parle d’un recul pour la santé, la prévention et le climat.
« Ce que l’on voit, c’est qu’il y a une forme de déresponsabilisation. On se sert d’une nouvelle loi pour rendre l’État plus efficace, mais il ne faut quand même pas que ça déresponsabilise l’enjeu très concret » fait savoir Cyril Frazao, directeur de la santé et du climat à l’Association pour la santé publique du Québec. « On est dans une période où il y a beaucoup d’inondations, et qui dit inondations dit plusieurs sources de contamination » , souligne-t-il.
« On va le faire de la bonne façon. Si c’est trop compliqué, on va peut-être baisser les bras, mais je ne penserais pas, on va faire un test avant », précise Mme Giroux.
La Fondation Rivière estime que le Québec gagnerait à adopter des normes comparables à celles de l’Europe.
L’ouverture d’une zone de baignade repose sur des critères stricts : l’évaluation des risques liés aux eaux usées, des contrôles rigoureux et une surveillance constante.
« Si tu ne corriges pas la situation, on ferme le lieu. Ici, au Québec, on n’avait pas ça, mais on avait une partie de l’équation, parce que tout ce qu’on a ici, ce sont des recommandations », déplore André Bélanger.
Par écrit, le ministère de l’Environnement répond avoir fait le choix de concentrer ses interventions sur les activités ayant un impact direct sur la qualité des plans d’eau, plutôt que de faire de l’échantillonnage de plage.