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Prolonger le parcours des aspirants infirmiers, une bonne idée ?

Publié le 2 juin 2021 à 17:02, modifié le 2 juin 2021 à 17:29

Par: CIMTCHAU

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec songe à exiger de ses futurs membres l’obtention d’un baccalauréat. Le Cégep de la Gaspésie et des Îles, qui offre une technique en soins infirmiers, craint qu’un tel changement décourage les étudiants et n’aggrave la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur hospitalier de la région.

La semaine dernière ont eu lieu les États généraux de la profession d’infirmière. De multiples acteurs du milieu, comme des associations professionnelles par exemple, ont pris position sur la formation initiale requise pour exercer ce métier au Québec.

« Tout le monde nous a dit qu’il faut qu’éventuellement, pour les infirmières du futur et pas à celles qui sont en exercice actuellement, qu’on aille vers le diplôme universitaire », explique le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

L’Ordre a d’ailleurs endossée cette position, et ce, pour plusieurs raison.

« La complexification des besoins de santé de la population, du rôle qu’on veut faire jouer aux infirmières dans le réseau de la santé. Compte tenu du fait que les infirmières doivent gérer des équipes de soins et compte tenu aussi que, dans le programme collégial, il y a une série de connaissances qui ne sont pas vues. »

La directrice générale du Cégep de la Gaspésie et des Îles,  Yolaine Arseneau, a quelques réserves. « Nous, on dit que la formation en ce moment, elle est qualifiante. Si ça demande aux étudiants de se rendre jusqu’à l’université, nos craintes, c’est que ça pourrait décourager certains étudiants ou étudiantes à choisir ce programme-là. »

Le milieu hospitalier, et tout particulièrement celui de la Gaspésie, n’est pas prêt à se passer de main-d’œuvre selon elle. « Ça créerait un gouffre encore plus grand entre le nombre de diplômés prêts à accéder au marché du travail et les besoins des CISSS de nos régions. Juste le CISSS de la Gaspésie nous dit que si on pouvait du jour au lendemain matin leur fournir de 100 à 150 infirmiers ou infirmières, ils pourraient les embaucher. »

Selon le président de l’ordre, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. C’est plutôt l’inverse qui s’est produit en Ontario et en Colombie-Britannique.

« Partout dans le monde où ils ont fait cette transition-là, ça a eu l’effet contraire. Ça a augmenté le nombre d’inscriptions et la diplomation. Là le problème qu’on a au Québec, ce n’est pas tellement un problème à mon sens de pénurie. C’est un problème de rétention. Deux autres dimensions sur lesquelles il faut agir, c’est l’organisation des soins infirmiers et aussi le soutien clinique qui est donné. »

Toutes les idées sont encore sur la table pour l’instant à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Yolaine Arseneau espère simplement que l’ordre laissera le « choix » aux étudiants en soins infirmiers de poursuivre ou non à l’université.