Projet de Loi 106 : les omnipraticiens de la Gaspésie maintiennent leur position
Publié le 26 septembre 2025 à 15:54, modifié le 26 septembre 2025 à 16:22
Par: Eva Thomas
La gronde continue. Après des mois de pression et de négociations, les médecins de famille de la région n’entendent pas baisser les bras. Selon eux, le projet de loi 106 ne rendra pas les soins plus accessibles aux patients.
91% des médecins omnipraticiens du Québec ont voté ce mardi pour une suspension de l’enseignement dans les facultés de médecine. Objectif ? Faire reculer le gouvernement sur son projet de réforme de la rémunération des médecins.
» Le projet de loi 106 va avoir des effets extrêmement négatifs, dévastateurs. On veut nous pénaliser parce que notre performance n’est pas optimale parce que le gouvernement ne nous fournit pas les ressources. » – Marc-André Amyot, président, Fédération des médecins omnipraticiens du Québec
Les médecins omnipraticiens de la Gaspésie étaient réunis en assemblée générale jeudi. L’occasion pour eux de rappeler leurs vives préoccupations concernant les fondements du projet de loi 106.
« C’est une utopie de penser que la qualité des soins et l’accessibilité des soins va être augmentée. Nous sommes des petites équipes. Pour trois de nos Réseau Local de Services, 50% des gardes d’urgences sont faites par des dépanneurs. » – Sylvain Drapeau, président, Association des médecins omnipraticiens de la Gaspésie
Le Québec accuse un manque de 2 000 médecins, selon la Fédération des médecins omnipraticiens. Un déficit qui pèse davantage dans les régions éloignées, comme la Gaspésie.
« Sur les 13 postes que l’on avait de disponible, il en reste encore 12 de disponible. 12 médecins répartis sur le territoire, cela a un très gros impact. » – Sylvain Drapeau, président, Association des médecins omnipraticiens de la Gaspésie
Si le projet vise un meilleur accès aux soins de santé, pour le docteur Sylvain Drapeau, praticien depuis trente ans à Chandler, c’est incompatible avec les réalités du terrain. Le manque de spécialistes en région alourdit aussi la tâche des généralistes, selon Monsieur Drapeau.
« On fait beaucoup de deuxième ligne. C’est plus difficile de référer donc c’est souvent du temps où on va parler avec les spécialistes au téléphone. On va communiquer avec eux, donc c’est toute une charge de travail supplémentaire qui n’existe pas nécessairement en ville quand l’accessibilité aux spécialistes est plus grande et plus directe. » – Sylvain Drapeau, président, Association des médecins omnipraticiens de la Gaspésie
Et quand on parle d’accès aux soins, il ne faut pas oublier les premiers concernés : les citoyens. Que pense-t-il du bras de fer entre le gouvernement et les médecins ? Continuer ou lâcher du lest ?
« On ne s’attaque pas à ces personnes-là. »
« Faut que ça s’arrête parce que le monde a besoin des médecins. Le but est que tout le monde est accès aux médecins. »
« C’est vraiment très important la santé, puis là ça prend du monde en otage. On met de l’argent, ce sont nos impôts, puis il n’y a jamais rien qui débloque. À un moment donné, on a un problème, il faut le régler. »
Face aux moyens de pression, Québec a proposé la médiation aux médecins.