Polyvalente La Pocatière : un atelier de mécanique pour contrer le décrochage scolaire
Publié le 21 mai 2024 à 14:29, modifié le 21 mai 2024 à 14:29
Par: CIMTCHAU
À l’École polyvalente La Pocatière, un atelier pas comme les autres a vu le jour, et il suscite un engouement remarquable parmi les élèves. Dirigé par Noémie Lévesque, une enseignante visionnaire, cet espace dédié à la mécanique offre bien plus que des connaissances techniques : il offre une opportunité de transformation pour de nombreux jeunes à risque de décrochage scolaire.
Depuis l’automne, plus d’une quinzaine de jeunes se réunissent tous les midis dans cet atelier pour pratiquer la mécanique. Plusieurs tracteurs de jardin ont été donnés à la polyvalente, pour lancer le projet. Les élèves peuvent les modifier, les réparer et améliorer leur performance et leur vitesse. Une station de soudage est même à leur disposition, tout comme une panoplie d’outils, de moteurs et de batteries.
Pour Alexis, passionné de quatre-roues et de motocross, il s’agit de l’occasion parfaite de vivre sa passion au quotidien. Démonter des moteurs, travailler avec des outils, se salir les mains… Ce sont des plaisirs qu’il partage avec ses camarades, qui trouvent en cet espace une communauté où ils se sentent compris et appréciés pour ce qu’ils sont.
« C’était une bonne idée, parce qu’il y a plein de jeunes qui n’ont pas la même passion pour le football. On peut venir ici à la place », se réjouit Ralph. « Ici, on est pas mal tous amis. On est pas mal tous pareils. C’est le fun, ça nous donne quelque chose à faire pendant les midis », explique Tommy.
Ce projet novateur a été récompensé dans le cadre du Défi OSEntreprendre. Le groupe d’élèves a remporté le titre de lauréat régional pour le Bas-Saint-Laurent, dans la catégorie « Secondaire 1er cycle ». Pour l’enseignante Noémie Lévesque, qui a soumis la candidature, cette victoire est bien plus qu’un simple prix. Elle représente la reconnaissance du talent et des aptitudes d’élèves habituellement marginalisés par le système scolaire traditionnel. En effet, pour certains d’entre eux, cet atelier est la raison principale de leur présence à l’école, comme l’explique Alec : « Moi, s’il n’y avait pas de mécanique, ce serait rare que je vienne. »
« Moi, je trouve ça génial qu’on ait gagné ! Ce ne sont pas des jeunes qui réussissent bien à l’école normalement, qui sont des jeunes manuels. Alors le fait que le projet soit reconnu, ça leur montre que c’est important ce qu’ils font et que c’est important, leur talent. Ils se sont rendu compte qu’ils avaient de belles aptitudes, qu’ils étaient capables d’expliquer aux autres ce qu’ils savaient. Et ça, ça vaut de l’or ! », s’exclame Noémie Lévesque.
Steve Santerre, accompagnateur du projet, souligne l’importance de cette initiative pour les élèves plus portés sur le travail manuel. Pour eux, l’école ne se résume pas à des bancs et des cours théoriques : c’est un lieu où ils peuvent s’épanouir et développer leurs compétences pratiques.
« L’école aujourd’hui, c’est assis dans une classe, à faire de la théorie. Il y a beaucoup de jeunes qui sont plus manuels. Ils ont besoin de ça pour se développer. Ils viennent tous les jours, à l’école, parce qu’ils sont contents de venir en mécanique. Ça leur permet d’accrocher et de rester à l’école le plus possible », exprime-t-il.
Forts du succès de leur atelier, les responsables du projet ont de grandes ambitions pour l’avenir. Ils espèrent voir cette initiative se répandre à travers la province, offrant ainsi à d’autres jeunes la possibilité de découvrir et de nourrir leur passion pour la mécanique. Qui sait, peut-être assisterons-nous un jour à des compétitions amicales entre écoles, où la créativité et le talent des jeunes mécaniciens seront mis à l’honneur.
Pour l’instant, l’activité se poursuivra lors de la prochaine année scolaire. « On a montré l’atelier de mécanique quand on a fait les portes ouvertes et les petits de sixième année, il y en a qui ne rêvent qu’à ça, de venir faire de la mécanique ici », se félicite Noémie Lévesque.
L’enseignante souligne également la participation de citoyens généreux, qui ont contribué au projet en donnant à l’atelier leurs vieux tracteurs ou des outils. Elle ajoute que la polyvalente accepte toujours des dons de matériel, pour assurer la pérennité de l’atelier de mécanique.