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Pêcheurs pélagiques : une pétition pour empêcher la pêche au maquereau comme appât

Publié le 23 mai 2024 à 15:43, modifié le 23 mai 2024 à 15:43

Par: Louis-Philippe Morin

Les pêcheurs pélagiques de la Gaspésie se disent déçus et même floués par le fédéral. Cette semaine, ils ont accentué la pression d’un cran, en déposant une pétition qui vise directement le premier ministre Trudeau et la ministre des Pêches, Diane Lebouthillier.

Le Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels du sud de la Gaspésie lance une pétition qui dénonce l’ouverture partielle de la pêche au maquereau… pour en faire des appâts pour la pêche au crabe et au homard. Il montre du doigts l’absence sur le terrain de la ministre Lebouthillier.

« La pétition en fait, c’est pour démontrer que si elle nous avait rencontrés, qu’elle nous avait parlé… Au lieu de parler seulement à un regroupement… et, personnellement, je crois qu’elle n’a parlé à personne. », commence Ghislain Collin, président du Regroupement des pêcheurs pélagiques.

La colère est accentuée par le fait que ce ne sont même pas les pêcheurs pélagiques qui ont été pêcher le maquereau… mais bien les crabiers et les homardiers eux-mêmes… Alors que les pélagiques ont l’interdiction de pêcher depuis deux ans.

« Ils n’ont pas été voir plus loin. On aurait pu faire mieux. On aurait pu, au pire, avec ce petit quota-là… On aurait pu le sortir, on aurait pu faire travailler des gens. On aurait pu ramener de l’argent, un peu. Ce ne sont pas de grosses quantités. Mais on aurait pu, au moins, faire quelque chose… pour les regroupements qui ne vont pas bien. On aurait pu s’arranger. », ajoute monsieur Collin.

« On sait qu’il y a possibilité de faire des appâts avec des entrailles de phoque. On sait que c’est un gros problème, la surpopulation de phoques, en ce moment… On sait comment récupérer la peau, on sait comment récupérer la graisse, la viande. On pourrait utiliser l’entièreté de la carcasse. », propose Sandra Gauthier, directrice générale de la Fourchette Bleue.

Les pêcheurs pélagiques en ont assez de l’attitude de la ministre des Pêches et des Océans. Ils estiment qu’elle les ignore parce que leur pêche n’est pas aussi noble ou aussi rentable que celle du homard et du crabe.

« On est mis de côté. On est même ignoré dans l’espoir, justement, qu’on se couche et qu’on disparaisse. Comme ça, ils vont pouvoir gérer seulement des flottilles qui sont très lucratives… et il n’y aura plus de problème. », soupire le pêcheur.

On dénonce, dans cette pétition, la manière et le temps qu’on choisit pour cette pêche. Selon les pélagiques, l’utilisation de filets maillant tue des poissons… sans compter que cette pêche est faite en pleine saison de reproduction du maquereau. Les arguments du Regroupement rejoignent déjà plus d’une centaine de citoyens, mais aussi des restaurateurs, des personnalités connues et des acteurs du milieu des pêches qui ont apposé leur nom au bas de la pétition.

« On pêche des poissons pour capturer des crustacés… ce qui m’apparait comme un non-sens. Si on n’a pas de hareng ou de maquereau, pour appâter nos crustacés, on va les faire venir d’Asie. Ça renforce l’émission de gaz à effet de serre et ça impacte le Saint-Laurent. C’est un cercle vicieux qui ne s’arrêtera jamais si on continue de cette manière-là. », s’insurge madame Gauthier.

Si les pêcheurs pélagiques exigent que des actions concrètes soient mises en place par le ministère afin de les soutenir… disons que la ministre ne mord pas à l’hameçon.