Pêche au sébaste : les crevettiers à quai
Publié le 15 juillet 2024 à 15:55, modifié le 15 juillet 2024 à 16:29
Par: Louis-Philippe Morin
La pêche au sébaste est officiellement commencée depuis ce matin. Et malgré les larges possibilités accordées par le MPO en termes de quotas, très peu de pêcheurs prennent la mer.
La pêche au sébaste, interdite depuis 1995, reprenait officiellement ce lundi matin. Le ministère des Pêches et des Océans compte sur cette pêche pour tenter, entre autres, de relancer les crevettiers à qui on demandait de transformer leurs bateaux pour s’adapter à cette nouvelle activité… Mais très peu de pêcheurs ont pris la mer, on parle de moins d’une demi-douzaine…
« Les seuls qui pêchent le sébaste… les seuls crevettiers qui pêchent le sébaste, ce sont les crevettiers qui sont déjà équipés pour le faire. À moins d’un changement drastique dans les allocations, c’est probablement ce qui va… Ça va être la situation pour les prochaines années aussi », analyse le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Québec, Patrice Element.
Au cœur de ce manque d’enthousiasme pour cette nouvelle activité piscicole, les quotas attribués aux pêcheurs de crevettes sont insuffisants. Le ministère des Pêches et des Océans a déployé son plan autour de cette récolte en allouant seulement 10 % des 60 mille tonnes de quotas aux crevettiers… Ce qui est économiquement non rentable, selon eux.
« Du sébaste, il y en a amplement. Par contre, où le bât blesse, du point de vue des crevettiers… c’est la quantité ou la proportion de sébaste que nous on va pouvoir pêcher. Que ce soit cette année ou dans les années subséquentes », constate monsieur Element.
Conséquence du manque de pêcheurs de sébaste, et donc de prises, les transformateurs se retrouvent à tourner à vide ou presque.
« La plus grande part des quotas est allouée à des bateaux-usines de la grande industrie. Si nous on n’a pas beaucoup de poissons à pêcher, eux, n’en auront pas beaucoup à transformer non plus », relève le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette.
Un autre élément qui joue en défaveur de cette pêche, ce sont les prises accessoires. C’est qu’on utilise des chaluts pour capturer le sébaste à des profondeurs où vivent d’autres espèces comme le flétan, par exemple.
« On est sûr qu’on est capable de pêcher le sébaste. Il faut travailler avec Pêches et Océans là-dessus pour faire des conditions de pêche – ou définir des conditions de pêche – qui vont nous permettre, à la fois, de pêcher de façon rentable et de minimiser l’impact sur les autres espèces de poisson du golfe », termine le représentant des pêcheurs de crevette.
L’Est-du-Canada vit une période difficile en termes de pêche. Mis à part le homard et, dans une certaine proportion, le crabe des neiges, il faudra que les crevettiers, le MPO et les autres pêcheurs trouvent un terrain d’entente pour relancer cette économie cruciale à la région.