Limitation visuelle: quelle est la réalité de ces personnes en région ?
Publié le 23 juillet 2026 à 17:02, modifié le 23 juillet 2026 à 17:02
Par: Jasmin Guillemette
Imaginez avoir un œil embrouillé, ou ne rien voir du tout, et continuer vos activités quotidiennes. C’est la réalité de plus de personnes qu’on le pense. De nombreuses tâches banales, comme traverser une rue, ou simplement reconnaitre un visage, demande une tout autre approche.
Roger Lebel est né avec un œil complètement embrouillé, causé par un nerf provenant directement du cerveau. « Ma mère était malade. Elle faisait du diabète et elle ne le savait pas. C’est pour ça que je suis de même. Je ne pesais même pas deux livres quand je suis venu au monde », lance-t-il.
Et pourtant, ça ne l’empêche pas de vaquer à ses occupations. Le résident de Rivière-du-Loup âgé de 78 ans a travaillé une partie de sa vie, continue de cuisiner par lui-même, et entretient rigoureusement son jardin. « J’ai travaillé dans un moulin. j’ai tous mes membres aujourd’hui. J’ai été chanceux peut-être », rigole M. Lebel.
Mais les défis quotidiens demeurent tout de même nombreux. Ne serait-ce que de traverser la rue, un environnement difficile à saisir sans repères et qui demande de se fier bien plus qu’à ses yeux. « Quand tu veux traverser le chemin, même si tu as une canne blanche, il y en a qui sont plus pressés. T’es rendu sur le chemin et ça passe en arrière de toi parce qu’ils sont trop pressés. Ça dérange », déplore-t-il.
Même chose pour effectuer ses emplettes. Depuis quelques jours, Roger Lebel peut compter sur cette petite enregistreuse. Elle lui permet de dresser sa liste d’épicerie, et de ne rien oublier avant de retourner chez soi. À Rivière-du-Loup, les ressources sont tout de même présentes, mais ailleurs, la réalité peut être différente. Au Témiscouata, par exemple, les transports des secteurs ruraux vers l’épicerie et même le centre hospitalier, sont plus que limités.
« On a des membres qui présentement n’ont pas accès à des services qui devraient leur être offerts. Ça provoque, chez ces personnes, beaucoup d’isolement », souligne Nadia Gagnon, intervenante sociale à l’Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent.
« Je ne peux pas croire qu’en 2026, qu’on est encore des gens qui soient autant isolés », termine-t-elle.
L’Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent milite justement afin de rendre ces services plus accessibles aux personnes vivant avec une limitation visuelle.