Obstétrique au Témiscouata : 26 césariennes à Rivière-du-Loup depuis juin 2025
Publié le 28 avril 2026 à 16:13, modifié le 28 avril 2026 à 17:10
Par: Megan Maltais
Ça fait maintenant 10 mois que le département d’obstétrique est fermé, pour une durée indéterminée, à l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac. Impossible pour les femmes enceintes d’accoucher au Témiscouata en raison de cette rupture de service. Une vingtaine de césariennes ont été réalisées depuis à l’hôpital de Rivière-du-Loup. C’est ce que démontrent des données obtenues grâce à une demande d’accès à l’information.
De 2020 à juin 2025, 87 césariennes ont été réalisées à l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac. En moyenne, 21 chirurgies étaient pratiquées par année, avant de connaître une diminution importante en 2023… moment où les ruptures de services temporaires récurrentes ont débuté.
« Ce n’est pas le besoin qui a diminué, c’est le service », affirme la mairesse suppléante à la Ville de Témiscouata-sur-le-Lac et membre du comité Sauvons nos services de santé au Témiscouata, Pascale Mailloux.
Ça fait 312 jours que le service est fermé, et depuis, 26 résidentes de la MRC de Témiscouata ont subi une césarienne au centre hospitalier régional du Grand-Portage.
« 26 femmes, c’est 26 femmes de trop. Ne serait-ce que les césariennes planifiées, si on avait pu en faire 10-12 des césariennes planifiées à Témiscouata-sur-le-Lac, c’est 10-12 enfants, 10-12 mères, 10-12 familles qui ont besoin de ses services là chez nous. On est capable de le donner. Pourquoi ne pas le faire? », se questionne la porte-parole du comité, Marie-Lyne Michaud.
Miser sur la mobilisation
Le comité Sauvons nos services de santé au Témiscouata estime que le meilleur moyen pour faire passer son message, c’est la mobilisation citoyenne. Et justement, un rassemblement est prévu à l’église de Notre-Dame-du-Lac, le 11 mai prochain.
« Cette mobilisation-là se veut positive, qu’on se regroupe, qu’on se tient par la main et qu’on avance ensemble pour conserver nos acquis. On a besoin de tout notre monde au Témiscouata, autant les gens de Squatec que les gens de Saint-Jean-de-la-Lande », ajoute la porte-parole.
« On a même offert du covoiturage et du transport s’il y a des besoins. On veut que notre voix soit entendue, c’est super important. Il faut montrer que le Témiscouata est solidaire et qu’on veut des soins de santé adéquats », souligne Pascale Mailloux.
Mais les inquiétudes vont au-delà du service d’obstétrique. « C’est d’ailleurs pour ça que Sauvons les soins de santé ce n’est plus Sauvons l’obstétrique. On ne parle plus d’obstétrique, on parle de soins de santé en général », ajoute cette dernière.
« Si l’obstétrique ne revient pas, après ça va être quoi? Les soins intensifs? Le bloc opératoire? », s’interroge Marie-Lyne Michaud.
Une question d’attractivité
C’est toute la vitalité du Témiscouata qui en dépend, selon le comité et les élus. « On fait tout ce qui est possible et imaginable pour se rendre attractif, mais vous comprendrez que pour les jeunes familles et les familles du Témiscouata, quand elles voient qu’il y a des services qui vivent des ruptures, à ce moment-là, elles se demandent si on peut penser à vivre au Témiscouata, à élever nos familles et à vieillir au Témiscouata? », explique le préfet de la MRC, Serge Pelletier.
« Une région qui n’a pas de service de santé ou des services de santé à 100 kilomètres, c’est un non-sens alors qu’on avait déjà ces services-là », conclut la mairesse suppléante.
« Comment voulez-vous attirer du monde si on ne peut pas accoucher notre monde ici? », ajoute la porte-parole.
Le Réseau Communautés rurales et éloignées en santé a appuyé officiellement la semaine dernière la réouverture et la pérennisation du service d’obstétrique à Notre-Dame-du-Lac. Selon la directrice, les Québécois devraient avoir accès à ces soins, peu importe leur localisation. Cet appui est plus que bienvenu par le comité.