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Médecins et syndicats dénoncent une réorganisation de service à l’Hôpital de Baie-Saint-Paul

Publié le 22 juin 2026 à 17:12, modifié le 22 juin 2026 à 17:12

Par: Jean-Baptiste Leveque

L’annonce d’une réorganisation estivale à l’hôpital de Baie-Saint-Paul ne passe pas auprès des médecins et du personnel. Ils dénoncent une fermeture déguisée de deux services pour les personnes âgées et un manque de transparence de la part de Santé Québec, qui peine à combler ses effectifs.

Depuis plusieurs années, l’Hôpital de Baie-Saint-Paul ferme ses unités de courte durée en gériatrie (UCDG) et de réadaptation fonctionnelle intensive (URFI) durant les périodes de vacances, faute de personnel suffisant.

« On voit depuis 2023 qu’on est en pente descendante des services offerts à la population », constate le Dr Marc-Olivier Côté, médecin de famille au GMF Charlevoix-Ouest. « Nous, en tant qu’équipe médicale, on pense que le statu quo n’est pas une option », affirme le représentant d’un groupe de médecins de la région.

Il y a une dizaine de jours, les travailleurs de l’hôpital ont reçu une note de service annonçant presque du jour au lendemain que la réadaptation sera offerte dans l’unité d’hospitalisation à partir du 15 juin.

Xavier Isabelle, président du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS-CSN), estime que « dans les faits, l’intensité du service ne sera pas offerte pendant l’été. Ce n’est pas une réorganisation, c’est une fermeture. Le service ne sera plus donné pendant la période estivale telle qu’il devrait être donné. »

Le Dr Côté va plus loin. « Pour nous, c’est une fermeture déguisée, considérant qu’on a le même portrait que les autres années et qu’on perd tous nos avantages », laisse-t-il tomber.

Un service 24 heures sur 24 et sept jours sur sept peut pourtant faire une grande différence dans le maintien d’un patient à domicile, ou encore pour une victime d’accident vasculaire cérébral.

« Cet accompagnement-là, presque à la minute près de chacune de ces actions-là, ne peut pas se faire dans une unité d’hospitalisation de courte durée où les infirmières ont beaucoup d’autres patients qui ont d’autres types de pathologies à gérer », précise Jeanne Campeau-Devlin, vice-présidente aux relations de travail de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins de la Capitale-Nationale (FIQ-SPSCN).

Santé Québec soutient qu’il s’agit d’une adaptation de service. Les travailleurs, eux, critiquent sa stratégie de communication.

« On l’a su deux jours avant que ce soit effectif, donc ça s’est fait très dernière minute », fait remarquer Marc-Olivier Côté.

Pour Dave Rodrigue, vice-président de la catégorie 2 du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale (CSN), « c’est important que la population soit au courant, puis également que nos salariés aient un message clair : le service va être fermé pour l’été ».

Médecins et syndicats ont des alternatives à proposer et déplorent de ne pas avoir été consultés. « On maintient quand même qu’une planification de main-d’œuvre, ça se fait longtemps d’avance, surtout pour la période estivale, sachant que c’est récurrent d’année en année », souligne Jeanne Campeau-Devlin.

De son côté, Santé Québec assure que les équipes cliniques seront mises à contribution dans les prochaines semaines dans la recherche de solutions pour la continuité du service.