Locataire indésirable: un propriétaire à bout de ressources
Publié le 11 juin 2026 à 16:55, modifié le 11 juin 2026 à 17:35
Par: Jasmin Guillemette
Pas toujours facile de s’y retrouver en matière de droit du logement. Le propriétaire d’une maison à Saint-Honoré-de-Témiscouata souhaite expulser une dame qui occupe le deuxième étage, et qui ne paie aucun loyer.
Ce qui est complexe, c’est qu’elle n’a aucun bail. La dame en question aidait le frère du propriétaire avec des soins particuliers. Elle était hébergée gratuitement, en échange de son travail. Depuis plus de deux ans, l’homme a été placé en résidence pour personnes âgées, mais elle refuserait de s’en aller.
La famille Plourde est à bout de ressources face à une femme qui réside au deuxième étage de cette résidence de Saint-Honoré-de-Témiscouata. Après plusieurs avis courtois lui demandant de quitter, et même une visite de la Sûreté du Québec, qui n’a rien pu faire, elle cherche toujours une solution pour pouvoir récupérer le logement. La sœur et le frère du propriétaire ont décidé de prendre la parole. La situation est devenue insoutenable. « La patience, on en a, on en a et on en a. Là, c’est comme la limite », lance Suzanne Plourde, sœur du propriétaire.
« Le loyer, le courant, le manger. Tout est fourni. Ça n’a pas de bon sens», lance le frère, Réginald Plourde.
« Mon frère est en dépression. Elle est en train de nous mettre en dépression. Je suis plus capable. »
Notre équipe a rencontré la dame en question jeudi matin, qui a avoué n’avoir jamais payé pour habiter dans cette résidence. Sans vouloir être identifiée, elle mentionne avoir l’intention de quitter sous peu, ajoutant ne jamais avoir reçu mention, de la part du propriétaire et de sa famille, de devoir quitter . « Je vais empaqueter cette semaine, c’est sûr. J’aurais une place à Notre-Dame du lac en attendant », soutient-elle.
«Il faudrait qu’elle quitte, mais elle ne veut pas quitter, elle ne veut jamais quitter », nuance M. Plourde.
Il s’agit d’une situation particulière, puisque, à la base, aucun bail n’a été signé entre les deux partis. Les recours légaux sont donc limités.
« On est dans un certain vide juridique. Ces situations-là se règlent avec des rapports interpersonnels. C’est-à-dire avec une médiation », mentionne Me Daniel Crespo Villareal, avocat et professeur en droit du logement.
Selon Me Daniel Crespo Villareal avocat spécialisé en droit du logement, ce genre de cas actuel est complexe et délicat et relèverait du droit civil. On parle en fait d’une occupation sans droit.« La situation est très triste. Elle est triste pour le propriétaire qui semble subir une situation d’injustice. Elle est triste aussi pour la personne qui occupe les lieux », ajoute Me Crespo Villareal.
La famille souhaite tout de même un dénouement positif sans mal pour la dame. « Je ne lui veux pas de mal, ni de tort. Je veux juste qu’elle s’en aille », termine Mme Plourde.