L’héritage d’Annick Tremblay : un exemple de courage et d’espoir
Publié le 13 février 2025 à 17:39, modifié le 13 février 2025 à 18:09
Par: Jérôme Gagnon
Il y a près de 30 ans, une femme de Charlevoix a défié les pronostics, en devenant la première femme au Canada à recevoir une greffe bipulmonaire de donneurs vivants. Annick Tremblay a rendu son dernier souffle le 7 février dernier. Elle laissera un héritage important.
« Il n’y avait aucune donnée, c’est elle qui les créait, les données », lance son conjoint, Hugues Simard.
Annick Tremblay, que nous avions rencontrée en 2015, aura finalement vécu près de 30 ans après sa greffe bipulmonaire de donneurs vivants.
« Elle avait dit que son rêve était de fonder une famille. Elle a quand même bien réussi, c’est ce qu’elle voulait. Elle a eu trois enfants, elle a une belle vie, puis elle est partie sereine, avec ça. Dans sa tête, elle avait déjà accompli tout ce qu’elle souhaitait », souligne son mari.
C’est en mai 1995 que la femme de Charlevoix, grâce à la générosité de ses frères et de la population, a été opérée à Los Angeles.
« Je pense que, sous toute réserve, ça ne faisait même pas cinq ans que ce type d’opération était pratiqué. D’ailleurs, c’était la 30e au monde. Elle me disait que ça pouvait durer de 4 à 6 ans. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème avec ça. On allait vivre à 100 000 à l’heure », raconte-t-il.
Les années suivantes, la Charlevoisienne est devenue une voix importante pour la fibrose kystique et le don d’organes au Québec. C’était pour elle une manière de redonner et de soutenir la cause.
« Dans ses rêves, elle aurait voulu que les lois du Québec soient comme en Europe. En Europe, il faut que tu signes si tu ne veux pas donner tes organes. Alors, peut-être qu’un jour, ça arrivera, mais elle ne l’aura pas vécu », précise-t-il.
La malchance a finalement rattrapé Annick Tremblay et ses proches récemment, lorsque la courageuse femme a reçu un diagnostic de lymphome. Elle s’est battue, mais face à l’intense douleur des traitements, elle a fait un choix.
« Je suis arrivé le matin, elle m’a dit qu’elle ne pouvait plus continuer. Ça n’avait aucun sens. Elle n’avait même plus la force de prendre sa bouteille d’eau. On a eu chacun notre moment avec elle. On a pu vivre notre deuil avec elle », indique Hugues Simard.
« C’était une femme pleine de courage, persévérante, et une femme chaleureuse qui aimait rassembler les gens. Très rassembleuse », se souvient l’une de ses filles, Mylène Simard.
Le 7 février, elle nous a quittés à l’âge de 50 ans, mais son combat et son message continueront de résonner.
En guise de sympathies, la famille invite à faire un don à Fibrose Kystique Canada.