Le nord du Nouveau-Brunswick n’est pas assez couvert par les médias, selon Susan Holt
Publié le 24 octobre 2025 à 17:19, modifié le 24 octobre 2025 à 17:47
Par: Alex Delcourt
Susan Holt croit que le nord du Nouveau-Brunswick n’est pas assez couvert par les médias d’information. Une déclaration qui suscite de nombreuses réactions…
C’était durant la période de questions, le chef de l’opposition Glenn Savoie lui a posé une question sur la disponibilité des députés et ministres du gouvernement Holt aux médias. Et c’est dans cette réponse qu’elle a fait cette déclaration.
« Dans les communautés du nord, une région qui n’est pas bien servie par les médias dans cette province. » – Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick
Malgré l’affirmation de la première ministre, le maire de Caraquet, lui, trouve que la couverture médiatique dans sa région est suffisante.
« Moi, je n’ai rien à me plaindre de la couverture médiatique que nous recevons. Il faut dire que je suis dans l’épicentre à Caraquet. On a des bureaux de TVA, on a des bureaux de Radio-Canada. » – Bernard Thériault, maire de Caraquet
Pour le directeur général d’Acadie Nouvelle, cela rappelle la nécessité d’avoir des journalistes présents dans toutes les régions.
« Quand on écoute la première ministre mentionner que les médias sont si importants, que la couverture médiatique est si importante, en quelque sorte ça me réjouis quelque part parce qu’on attribue une certaine importance aux questions des journalistes et à la présence des journalistes sur le terrain. » – Francis Sonier, éditeur et directeur-général d’Acadie-Nouvelle
Chez les citoyens, les avis sont plutôt partagés à savoir s’il y a suffisamment de médias d’information au nord de la province.
« Moi, je crois que oui. J’ai l’impression qu’on est couvert assez ici. » – citoyenne de Caraquet
« Je ne sais pas si on en a besoin de plus avec ce qui se passe. » – citoyenne de Caraquet
« Oui, il y en a assez. » – citoyen de Caraquet
« Moi, je pense qu’il n’y en a pas assez. Ça nous ferait du bien qu’il y en aurait plus, mais… » – citoyenne de Caraquet
Un professeur en journalisme de l’École des médias de l’UQÀM n’est pas nécessairement surpris par cette prise de position de Susan Holt.
« C’est le genre de déclarations qu’on entend de plus en plus souvent. (…) Il n’y a plus de journalistes qui couvre les conseils municipaux et qui couvrent les campagnes électorales. L’information ne se rend plus aussi facilement aux citoyens qu’elle se rendait avant. Ça prend plusieurs formes cette désertification-là de l’information en région. » – Jean-Hughes Roy, professeur en journalisme de l’École des médias de l’UQÀM
La situation financière de certains médias régionaux est parfois précaire. Si la première ministre estime qu’il manque de couverture médiatique au nord de la province, M. Roy y va d’une proposition.
« Le Québec est la seule province, en plus des crédits d’impôts fédéraux, à ajouter un programme provincial de crédit d’impôt pour les médias écrits. Madame Holt pourrait peut-être s’en inspirer. » – Jean-Hughes Roy, professeur en journalisme de l’École des médias de l’UQÀM
Nous avons contacté les différents députés du nord de la province pour obtenir leurs commentaires. Seul Keith Chiasson, député de Tracadie, a répondu en mentionnant n’avoir rien à ajouter à ce qui a déjà été dit par la première ministre.