Le communautaire en grève : début d’une mobilisation « historique »
Publié le 23 mars 2026 à 19:02, modifié le 24 mars 2026 à 09:52
Dans nos régions comme ailleurs au Québec, des milliers de travailleurs du communautaire ont entamé aujourd’hui une grève de deux semaines. Les organismes, à bout de souffle, dénoncent un sous-financement chronique et un manque d’écoute du gouvernement.
C’est un mouvement qualifié d’historique par les organisateurs. « Le communautaire à boutte » rassemble des organismes de toutes les régions. Même Charlevoix a sa propre cellule.
Lucie Carré, directrice générale de L’Éveil, explique que « là, c’est un mouvement qui part de la base. C’est les organismes communautaires qui se sont levés, puis qui ont dit : c’est assez. Ça fait que ça, c’est assez exceptionnel, assez historique quand même. »
Les problèmes vécus sont partagés par tous : les demandes explosent, mais les conditions de travail restent précaires. Et l’un des effets que trop d’employés décrochent.
« Ça coûte des milliers de dollars aux organismes communautaires actuellement, le roulement personnel. Il faut les former, ces gens-là. Chez nous ça prend à peu près une année, former une travailleuse en agression sexuelle », affirme Sophie Fortier-Mallette, coordonnatrice du CALACS de Charlevoix.
Plusieurs travailleurs affirment choisir ce milieu par vocation. Mais ils se disent sous-payés, le financement du gouvernement ne suivant pas l’inflation.
« Ce qu’on voit, c’est que les gens sont obligés d’aller chercher eux-mêmes de la nourriture dans les banques alimentaires et sont obligés eux aussi d’aller dans les services du communautaire, parce qu’ils n’y arrivent pas eux aussi », soulève la coordonnatrice.
La grève est synonyme de fermeture de services. Des personnes vulnérables n’y auront plus accès.
« On leur dit : et bien appelez au 811. Puis ils vont surcharger le réseau, puis c’est comme ça qu’ils vont réagir, peut-être », espère Lucie Carré, parlant des représentants du gouvernement.
Le mouvement réclame justement des investissements structurants. Il veut s’assoir avec Québec et négocier.
« On parle de 1 % du budget du gouvernement actuel. Même si on allait chercher juste un 2 % du budget, ce qui ne comblerait même pas tous nos besoins, et bien déjà on serait moins en survie », avance Sophie Fortier-Mallette.
Les organismes tiendront plusieurs actions de mobilisation dans les prochains jours. Elles culmineront le 2 avril par un grand rassemblement devant l’Assemblée nationale. Et s’ils ne se sentent pas entendus, il n’est pas exclu que la grève se prolonge.