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Le chemin de fer bloqué pour une troisième journée

Publié le 12 février 2020 à 16:54, modifié le 12 février 2020 à 16:57

Par: Louis Laflamme

Le chemin de fer de la Gaspésie est toujours bloqué par des membres de la communauté Mi’kmaq de Listuguj. Des conséquences économiques se font déjà sentir.

« Nous ne sommes pas ici seulement pour les Premières Nations. Nous sommes ici pour le Canada en entier », lance la membre de la communauté de Listuguj, Kayla Isaac-Gideon.

La voie ferrée est toujours bloquée par les manifestants de Listuguj. Cela fait trois jours maintenant qu’une poignée de personnes se relaient pour tenir le campement. Et ils le feront tant et aussi longtemps que les tensions ne s’apaisent pas entre les autorités et leurs confrères de la communauté Wet’suet’en, en Colombie-Britannique.

« Peut-être que ça ne nous affecte pas directement ici, mais nous voulions montrer notre support. Nous ne trouvons pas respectable la façon dont nos confrères sont traité, simplement parce qu’ils veulent protéger leurs terres ancestrales », ajoute-t-elle.

« Nous voulons montrer au pays en entier que si la GRC continue d’agir ainsi avec notre peuple, nous pouvons bloquer le pays, un rail à la fois », enchérit Kayla Isaac-Gideon.

Le cœur de cette polémique, c’est un projet d’oléoduc de la compagnie Coastal Gas Link, à l’ouest du pays. Mais les conséquences se font ressentir au Québec et en Gaspésie.

« Le transport ferroviaire, c’est une machine qui est rodée au quart de tour. Donc, ça a des impacts en cascade sur l’ensemble. Donc je comprends que la problématique qu’on vit ici, et qui se vit aussi à plusieurs endroits au Canada, ça va avoir des impacts plus grands », explique le président la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé.

« Les impacts vont se faire sentir à moyen terme, c’est-à-dire que si ça perdure sur plusieurs jours, c’est beaucoup de volets de l’économie du Québec qui vont souffrir », affirme le ministre québécois de l’Énergie, Jonathan Julien.

« On va tout faire pour régler ça dans les prochains jours et éviter que ça finisse en intervention musclée », ajoute le premier ministre du Québec, François Legault.

Plusieurs dizaines de convois ne peuvent pas être acheminés à bon port. Plus le temps avance, plus les pertes financières sont importantes.

« Nous, on perd à peu près 15 000 $ de revenu par jour », fait valoir Éric Dubé.

« C’est frustrant de dire que nous on ne peut pas continuer de faire nos opérations, de servir nos clients », déplore le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie.

Les membres de la communauté de Listuguj n’ont pas encore l’intention de plier bagage.

« Nous aurions pu bloquer les routes, nous aurions pu bloquer les ponts, mais on a décidé de bloquer le train de façon pacifique », conclut Kayla Isaac-Gideon.

« Je trouve que de s’attaquer à une cible comme le ferroviaire pour un projet d’oléoduc… On est un transport qui est vert. Peut-être qu’on a choisi une mauvaise cible », soutient Éric Dubé.

Si rien ne bouge, et que les répressions continuent à travers le pays, les manifestants envisagent même de pousser leur contestation un peu plus en bloquant le pont J-C. Van Horne, qui relie Campbellton et Pointe-à-la-Croix. Mais ils assurent que le tout se fait et continuera de se faire pacifiquement.