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Ferme aux 40 écus : la subvention de la MRC Avignon soulève des questions

Publié le 16 juillet 2026 à 16:59, modifié le 16 juillet 2026 à 17:09

Par: Henri Paquette

Une subvention accordée par la MRC Avignon à l’organisme La ferme aux 40 écus soulève des enjeux de transparence. C’est que quatre des sept membres du conseil d’administration de l’organisme de réinsertion sociale ont toujours ou ont déjà eu des liens d’emploi avec la MRC. On parle d’une subvention jusqu’ici inégalée de 93 000 dollars sur trois ans pour l’organisme de Maria.

Jusqu’à tout récemment, les critères du Fonds région et ruralité-volet 2 permettaient à la MRC d’octroyer une subvention maximale de 30 000 dollars par an à l’organisme. Les nouveaux critères permettent de tripler le montant de la subvention sur 3 ans.

La ferme aux 40 écus est un organisme à but non lucratif qui a été fondé le printemps dernier. Sa mission première : la réinsertion sociale par l’agriculture.

« Nous on vise beaucoup une population jeunesse. Dans le fond, on peut penser aux personnes qui sortent de la DPJ, dans le fond, les programmes post-DPJ. Des personnes qui ont été judiciarisées, donc qui ont fait un tour en prison, qui ont besoin d’un petit tremplin après ça pour retourner sur le marché du travail, pour se refaire confiance et refaire confiance en leurs compétences. Donc nous, le but de La ferme c’est vraiment ça : plusieurs tâches diversifiées pour qu’il y ait plusieurs réussites un peu partout », explique Ludovic Landry-Johnson, directeur général et cofondateur de La ferme aux 40 écus.

Le cofondateur de l’organisme mentionne que la subvention inégalée de 93 000 dollars sur trois ans aide l’équipe dans la mise sur pied du nouveau projet. Toutefois, le fait que quatre des sept membres du conseil d’administration de l’OBNL ont toujours ou ont déjà eu des liens d’emploi avec la MRC soulève des doutes quant à l’impartialité du processus d’octroi des subventions. Ludovic Landry-Johnson tient à relativiser.

« J’ai été employé de la MRC Avignon en 2021 pour un service d’accompagnement en jardin. Et puis un des cofondateurs également Matthieu Paradis, c’est un peu là qu’on s’est rencontré en fait, c’est là que l’idée actuelle de la Ferme aux 40 écus a germé. C’est important de s’entourer des personnes qu’on connaît, qu’on sait compétentes. Puis ça s’explique essentiellement pour ça : on est allés voir d’anciens collègues à nous et on leur a proposé s’ils voulaient nous appuyer dans cette démarche-là », explique le directeur général de l’organisme.

De son côté, le préfet de la MRC Avignon ne comprend pas que des doutes soient soulevés.

« Effectivement, je suis assez déçu de voir la façon dont ça a été présenté », soutient le préfet Mathieu Lapointe.

Il justifie l’augmentation de la subvention accordée à La ferme aux 40 écus par un changement de critères au Fonds région et ruralité, destiné à soutenir des organismes.

« Maintenant, Québec, quand elle nous octroie du financement, ça vient avec des exigences. Les exigences de Québec ont changé… du ministère des Affaires municipales. On a remodelé nos fonds, mais essentiellement, on soutient le même genre de projet », explique Mathieu Lapointe.

Il réitère la légitimité du processus d’octroi des subventions et dit n’avoir rien à cacher.

« C’est permis, c’est un OBNL qui est légalement constitué, qui a son assemblée générale de fondation, qui a les lettres patentes, qui oui ont passé par la MRC. Mais il y a un processus qui est indépendant qui est fait dans l’analyse. Et à contrario, on n’aurait pas pu refuser le financement de cette initiative-là seulement parce que des gens ont déjà travaillé à la MRC. C’est un projet qui est pertinent pour le milieu, qui est appuyé par le milieu », rappelle Mathieu Lapointe.

Malgré les questionnements soulevés en termes de transparence, Ludovic Landry-Johnson a confiance que le processus d’octroi s’est fait dans les règles de l’art du côté de la MRC.